La rédaction Emmanuelle Rodrigues
Articles
Le goût de vivre
Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde.
Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et l’attention de celle qui observe de tous ses sens une nature qui l’environne et la contient, elle dévoile l’intensité de son regard sur le monde vivant.
Née...
Fade de Ryoko Sekiguchi
Après L’Astringent et Manger fantôme, Ryoko Sekiguchi poursuit ici sa réflexion sur le goût. Fade fait écho à l’essai du philosophe François Jullien, Éloge de la fadeur, au magnifique texte que Jun’ichirô Tanizaki écrivit au soir de sa vie, Éloge de l’ombre, et à la poésie japonaise. Tout s’apprend, nous dit Ryoko Sekiguchi, et elle ajoute : « Tout s’apprécie avec le temps, mais lentement. Ce...
Mystères de l’orient
Au terme de son périple en Iran, qui l’a mené également en Azerbaïdjan mais aussi en Ouzbékistan, Jean-Pierre Ferrini saisit enfin le sens de son voyage. Sur les pas des poètes qui auront guidé, dit-il, ses « pérégrinations en terre persane », sa quête aura reflété en chacune de ses étapes un moment du « grand poème de l’Iran » : Ferdowsi lui aura donné à sentir « le sentiment tragique de...
Mots et merveilles
Entre 1955 et 1966, Alejandra Pizarnik correspond avec León Ostrov qui fut un temps son psychanalyste. Cet échange épistolaire relate notamment son séjour parisien.
En regard du nombre de pages écrites par Alejandra Pizarnik (1936-1972), qu’il s’agisse de ses proses, de ses poésies et de ses journaux, ces vingt et une lettres paraissent bien peu. Pourtant, quelle densité ! À son ancien thérapeute, elle relate ses espoirs comme ses déceptions. Après avoir embarqué pour la France en mars 1960, elle écrit en septembre à León Ostrov : « je me suis jurée de...
Tombeau de Fukushima
Après le 11 mars 2011, Ryôichi Wagô écrit sur le vif des poèmes-tweets qui témoignent au quotidien de l’ampleur de la catastrophe.
Malgré l’extrême gravité de l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située dans la région de Tôhuku, au nord du Japon, Ryôichi Wagô décide de ne pas quitter les lieux sinistrés. Après avoir fait évacuer sa famille, et alors qu’il est resté seul dans son appartement où il se calfeutre, il ressent la nécessité de « rassembler ses pensées sous forme de tweets ». Il...





