La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
A b c de la lecture
Le livre de Gilles Tiberghien sur Emmanuel Hocquard manquait depuis sa parution (2006). Augmenté et agrémenté d’un choix de livres, tout concorde, dont clarté, précision, pédagogie, à en faire un classique sur un auteur charnière du renouveau de la poésie française.
Une attente comblée par un éditeur, dont le nom (éponyme) réalise ce qu’en linguistique on appelle le performatif (soit un énoncé qui constitue simultanément l’acte auquel il se réfère), rien ne pouvait aller mieux à un livre sur un auteur qui n’a cessé de travailler toute sa vie à déloger la grammaire de son autorité pour élaborer contre elle un autre usage du langage. Soit à créer une autre...
Anatomie d’une collision
Allez comprendre, le troisième livre traduit de Rae Armantrout, scrute par effet de plis et de déplis, l’entrecroisement des matières, des objets, des êtres et leur incommensurabilité.
L’univers des livres de Rae Armantrout, dont celui de Go Figure (Allez comprendre), le dernier paru (2024), est vite reconnaissable par le jeu de collage et de montage qu’elle fait subir au langage. Et par conséquent aux ensembles de poèmes qui composent ses opus. Ces décadrages sont assez subtils, ils ne sautent pas au visage, plutôt se présentent-ils d’abord sous un aspect plutôt épuré,...
Un livre
Le Paradis des lichens
de
Camillo Sbarbaro
Une poignée de copeaux
Troisième livre traduit d’un choix de l’écrivain ligure Camillo Sbarbaro, Le Paradis des lichens donne à voir une rare attention aux paysages, aux petites choses, aux marges elles-mêmes.
Il est étonnant qu’en dehors des efforts de deux éditeurs (Clémence Hiver et Rehauts) et grâce à ceux d’un couple (le poète Bernard Vargaftig et sa femme Bruna Zanchi) et du traducteur et poète Jean-Baptiste Para, seuls trois opus de Camillo Sbarbaro – les poèmes extraits de Pianissimo (1991) et un premier choix de ses Trucioli (Copeaux, 1991), complété aujourd’hui de ce nouvel ensemble –,...
Poudreuse de Séverine Daucourt
Les éditions MF, toutes consacrées aux essais sur la musique et à la création littéraire (formes hirsutes et de recherches) accueillent une nouvelle collection : « Poésie commune ». Le quatrième opus paru, Poudreuse, de Séverine Daucourt, travaille, à partir de la chute (voire de la possibilité d’avalanches) de la neige à damer ses glissements sémantiques. En neuf parties de proses...




