La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Invitation au Banquet
Le Brésilien Bernardo Carvalho questionne notre rapport au monde d’avant et après-Covid. Un pied de nez métaphysique et malicieux.
Enfanter aujourd’hui tient du défi, du pari hasardeux sur un avenir nébuleux. N’en déplaise à ce président aussi impérieux qu’impétueux, dont les formules martiales intiment à un réarmement reproductif. La fragilité climatique et environnementale de la planète, les guerres, l’avènement des extrêmes droites et de matamores illibéraux n’augurent rien de bon. Mais qu’en fut-il en période de...
Quand Ogoun ferraille
Réédition du troisième roman de l’écrivaine haïtienne Marie Vieux-Chauvet, plaçant une femme à la tête d’un processus de libération.
Il y a dans l’histoire d’Haïti, quelque chose du fatum, du drame antique, de la tragédie grecque. Comme si son peuple n’en finissait pas d’être essoré dans la machine à laver les siècles dont le seul programme serait l’éternel retour de la catastrophe climatique, de l’esclavage, de la tyrannie… Il déploie pourtant une énergie vitale incommensurable que l’on retrouve dans ses arts, ses chants,...
Le Poème que je t'écris de Georges Drano
Les poèmes de Georges Drano ouvrent des fenêtres sur les paysages qu’ils habitent. On y découvre des talus, des palus, des grèves, des lisières, des arbres, aux présences hiératiques, graves mais toujours très lumineuses. Il y a aussi le chemin, main tendue vers l’inconnu, l’autre, entre ferveur et inquiétude. Lyrique, le poète l’est en peu de mots, en brindilles de mots qui interrogent leur...
Père perpétuel
Dans un premier roman animalier mais pas que, puissant et mature, le trentenaire Britannique Charlie Gilmour explore les affres de la filiation.
Un proverbe occitan affirme qu’un peuplier ne donne jamais de saule. Du déterminisme biologique au déterminisme social il n’y a qu’un pas. Certains y voient une reproduction des inégalités ou des privilèges. Plus facile de naître avec une cuillère en or dans la bouche que sans ! Mais la cuillère a aussi son revers conté ici par le fils biologique du poète, dramaturge, acteur anglais, militant...





