La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Un auteur
Nord magnétique
Salut et fraternité ! Ainsi nous apostrophe Ivar Ch’Vavar, écrivain polymorphe des petits riens et du grand tout, au terroir universel centré en Picardie, qui sait si bien s’effacer, mais aussi se mettre à nu.
Ivar Ch’Vavar, qu’évoquent pour vous ces trois P : pays, paysage, peuple ?
Un pays, une géographie intérieure, que j’ai voulu appeler, non par dérision, mais par provocation, la Grande Picardie. Complété par d’autres, c’est devenu la « Grande Picardie Mentale », ces régions du Nord sans frontières ni délimitations bien précises, terrains ouverts à la conquête, aux guerres, donc aux...
Un auteur
Versions originales
Recueil d’une quinzaine de poèmes, Bandes passantes a des allures de séquence du jeune-vieux téléspectateur, référence surannée, assumée. Alix Tassememouille, docte hétéronyme, indique en postface que les courts-métrages ont tous été tournés à Berck à l’exception de Stella-plage. Un indice tracé rue du Sable précise que s’ils ont été filmés en 1969, ils n’ont été réagencés, recadrés que plus...
Un auteur
Chef d’équipées
Homme de revues, défricheur de la langue picarde, toujours en quête d’une poésie populaire, Ivar Ch’Vavar déploie une œuvre à la beauté sauvage, rivage à la fois solarisé et crépusculaire où se dépose la mémoire d’une terre et de ses habitants.
Il est grand. Un Haut de France, de Picardie ! Il peut paraître immense à l’instar d’un René Char dont il détourne, iconoclaste, les Feuillets d’Hypnos en Feuillées d’Hypnos. Il s’exprime d’une voix forte, qui incante, d’une écriture hénaurme, inventive, folle, qui cascade d’aval en amont, prosaïque, métabolique, obscène, contrainte… les mots manquent. Souvent, il agite des ailes de géant,...
Accroché à la falaise du Je
Avec Reus, 2066, dernier volet d’une trilogie, l’oulipien Pablo Martín Sánchez délivre un carnet intime dystopique plein d’humour et de gravité.
L’écriture, la littérature peut-elle nous définir ? Et comment ? En élidant une lettre, fût-elle la plus usitée de la langue française comme dans La Disparition de Georges Perec ? Ou plus simplement (quoique ?) contenir son auteur comme chez Pablo Martín Sánchez ? Après s’être inquiété dans L’Instant décisif (La Contre Allée, 2017) des événements qui ont marqué le jour de sa naissance, être...



