La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Élevage de taupes
Trente numéros de Sigila. Quinze ans que la revue franco-portugaise transdisciplinaire traque le secret. Après les thématiques autour des « Secrets des sens », « Dissimulation », « Masques », « L’ombre » voici venir le temps des espions. « Y a-t-il un lien entre l’espionnage et l’écriture ? Entre l’espionnage et la fiction ? » Quinze analyses, témoignages, créations tentent de répondre....
Éternité du sang
Une vengeance aveugle et intercontinentale traverse le nouveau roman de l’écrivain irlandais Sebastian Barry. Aussi fulgurant qu’intimiste.
Les vieilles dames fascinent Sebastian Barry. Leur sagesse, leur grâce. Leurs histoires aussi. Le natif de Dublin, en 1955, est l’auteur de recueils de poèmes, pièces de théâtre, livres pour enfants et de sept romans. Le précédent, Le Testament caché (Joëlle Losfeld, 2009), évoquait la vie d’une centenaire, Roseanne MacNulty, internée la moitié de sa vie dans un asile. Un destin tragique lié...
Europe, dans le mille
Si l’Europe semble s’enfoncer aussi durablement que sinistrement dans la crise économique, la revue éponyme, littéraire et mensuelle, créée en 1923, fête son millième numéro. Sous la conduite de Romain Rolland, ses fondateurs, portés après le premier conflit mondial par un magnifique esprit humaniste, affirmaient à l’instar de René Arcos dans le volume inaugural : « Nous disons...
Un auteur
La cour de recréation
Deux recueils de nouvelles, ambitieux, graves, ironiques révèlent un futur grand nom de la littérature catalane : Francesc Serés.
Écrire en catalan, c’est comme écrire en français pour Proust, pour vous ou pour les lecteurs de ce magazine » semble s’agacer ce jeune quadra. Natif de Saidi, petit village près du désert de Monegros, à la frontière entre Catalogne et Aragon, Francesc Serés vit aujourd’hui dans la Garrotxa, une région volcanique au-dessus de Figueras. Après des études aux Beaux-arts, il étudie...




