La rédaction Delphine Descaves
Articles
Seul au monde
Dans une très picturale adaptation du roman de Mary Shelley, David Sala nous livre un Frankenstein immensément fragile, dont il fait une poignante figure d’exclusion.
Un homme marche, minuscule silhouette perdue dans la neige. C’est Victor Frankenstein, hagard… Retour en arrière : il est jeune, riche, un brin dandy. Fasciné par les expérimentations scientifiques, et notamment les travaux du médecin alchimiste Paracelse, il donne vie à une créature – qu’il ne nomme pas – fabriquée à partir de morceaux de cadavres récupérés dans un cimetière. David Sala rompt avec l’image que nous avons tous en tête, celle de Boris Karloff dans le film de James Whale. Du monstre de 1931, il garde les coutures mais en fait une silhouette géante, bleutée, au visage...
À la pointe de la mine
En adaptant le récit de Valentine Goby, Ivan Gros redonne vie aux femmes du camp de Ravensbrück et à leurs témoignages graphiques.
Comment représenter ce que fut la vie au camp de Ravensbrück, pour les 40 000 femmes qui y étaient détenues en 1944 ? Valentine Goby, dans son beau roman (rigoureusement documenté) Kinderzimmer (Babel, 2015), avait relevé ce défi, en imaginant le destin de Mila, jeune femme arrivée enceinte dans le camp et y mettant au monde son bébé – aussi inimaginable que cela puisse paraître, des enfants...
Un auteur
Lumineuse présence
Traductrice d’Aharon Appelfeld, l’écrivaine Valérie Zenatti publie, un an après la disparition du romancier israélien, Dans le faisceau des vivants, un récit de chagrin, de fidélité et d’hommage.
Valérie Zenatti a commencé sa collaboration avec Aharon Appelfeld en traduisant Histoire d’une vie, paru en France en 2004. L’écrivain israëlien est devenu, au fil des ans et des traductions, un ami et un complice. Dans le faisceau des vivants revient sur ce lien. Valérie Zenatti raconte d’abord le choc à l’annonce du décès d’Appelfeld, en janvier 2018, le tremblement qui s’est emparé d’elle...
Le sang des hommes
De Saint-Brieuc, sa ville natale, Louis Guilloux a fait le microcosme de la condition humaine. Tentative de décryptage d’une œuvre sensible et engagée en compagnie de Yannick Pelletier.
Spécialiste de Louis Guilloux et ardent défenseur – sans esprit de sérieux – de la Bretagne et de sa culture, Yannick Pelletier continue de faire vivre la parole et l’esprit de Louis Guilloux. Il a connu l’écrivain, mais aussi l’homme, avec ses défauts, ses douloureuses vicissitudes familiales, ses manies, sa maison très bohème… Il a le don de la formule juste et drôle, de l’image cocasse. Il...
Une saison de Sylvie Bocqui
Elle, une jeune femme dont on ne connaîtra pas le nom, est gouvernante d’étage dans un luxueux hôtel de la Riviera. Passant de chambre en chambre, toujours seule, elle vérifie les lieux, rajuste un rideau… et se livre à une petite collecte personnelle de parfums, qu’elle diffuse sur ses poignets et dont elle se tatoue le nom à l’encre sur sa peau. Silencieuse – il n’ y a pas de dialogue dans...





