La rédaction Delphine Descaves
Articles
Nous, les femmes
Avec l’adaptation graphique de son propre ouvrage paru en 2021, Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq, incarnée dans les dessins toniques de Marie Dubois, nous permet de mesurer un long mais discontinu processus d’invisibilisation.
La première page pose un constat éclairant : « on imagine souvent qu’elle va d’un état de servitude totale vers une libération complète. Mais en réalité l’histoire des femmes n’a pas été linéaire ! » Il s’agit donc aussi de relativiser d’emblée ce que les historiennes appellent « le mythe de la femme empêchée » : si cette histoire n’a pas été linéaire, alors il nous faut, plus que jamais, en comprendre les ressorts. Titiou Lecoq suit tout simplement un fil chronologique – qui va précisément lui permettre de mettre en lumière les avancées et les reculs de la condition féminine, sans...
La fabrique d’un monstre
Jérôme Wybon et Toni Cittadini nous font passer de l’autre côté du miroir, là où s’est construite, dans la douleur, une des plus efficaces machines à peur de l’histoire du cinéma : Les Dents de la mer.
Depuis la sortie en 1975 de Jaws – c’est son titre original, à la foi direct et puissant –, qui n’a jamais ressenti un malaise en s’éloignant du rivage à la nage ? Les auteurs des Mâchoires de la peur racontent que des psychiatres ont dû aider des spectateurs, que le film avait traumatisés en réveillant cette angoisse atavique de l’eau.
Jérôme Wybon et Toni Cittadini s’attachent à autopsier...
Et la mer l’emportera
Dans ce roman graphique aux allures de conte marin, Mayte Alvarado nous plonge dans un univers poétique et mystérieux, où les couleurs sont reines.
Il y a des romans graphiques qui sont faits pour être contemplés autant que pour être lus ; c’est le cas de L’Île : les premières planches, sans texte, nous invitent à regarder, à nous immerger dans ces pages. Elles sont quasi abstraites et c’est progressivement que se dessinent roches et petites maisons blanches de cette terre imaginaire. On pourrait être en Méditerranée – sur n’importe...
Le bleu est ma couleur
Dans cette autobiographie graphique, d’une douce impudeur, Quentin Zuttion se (dé)livre, entre récit introspectif et désir de partager les affres de la souffrance mentale.
Bleu. Bleu comme la fin de la nuit, comme le petit matin des insomnies, comme les crépuscules d’hiver. C’est dans cette couleur que nous plongeons avec l’auteur et qui lui permet de matérialiser son insupportable mal-être. Trentenaire, auteur dessinateur, Quentin n’arrive quasiment plus à sortir de chez lui et lorsqu’il le fait, il est suivi par d’inquiétantes créatures filiformes –...
Tragédie du bout du monde
Dans ce texte à l’ambiance presque gothique, porté par les fusains inspirés de Christelle Le Guen, Anatole Le Braz nous livre une histoire d’amour qui finit mal, entre pointe du Raz et phare de la Vieille.
Cette année fêtera les cent ans de la mort d’Anatole Le Braz : folkloriste, écrivant en breton, celui-ci n’a pour autant jamais été séparatiste et il a écrit l’essentiel de son œuvre en français. Son apport dans la diffusion de la culture bretonne est incontestable, comme en témoigne son célèbre recueil La Légende de la mort en Basse-Bretagne, rédigé en 1893. Il a collecté durant des années...





