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Domaine étranger Passé recomposé

avril 2026 | Le Matricule des Anges n°272 | par Julie Coutu

Des mémoires comme un roman pour ce récit de Meredith Hall, entrée tardivement en littérature, avec des histoires immenses à écrire.

Sans carte ni boussole

En 2020 paraît outre-Atlantique Beneficence, en français Plus grands que le monde, premier roman de Meredith Hall, une jeune autrice de 70 ans. Le récit est salué par la critique qui loue, entre autres, la maîtrise narrative de l’autrice. Mais Meredith Hall, en réalité, s’est déjà compromise en littérature. En 2007, elle publiait ses mémoires, Without a map, aujourd’hui traduites sous le titre Sans carte ni boussole. Une autobiographie qui se lit comme un roman, et qui permet de mieux comprendre le parcours de cette femme hors norme, sa venue en littérature, tardive, et cette finesse qui est la sienne quand il s’agit de construire, patiemment, avant de laisser l’effondrement advenir, et puis de se réinventer.
Au milieu des années 1960, Meredith est fille de famille bien sous tous rapports. Nous sommes dans le New Hampshire. Papa est parti depuis quelques années. Mais il reste l’Église, l’école, la communauté. Le poids des apparences vs les réalités masquées. Des réalités qu’elle fait exploser lorsque, à 16 ans, elle se découvre enceinte, et du jour au lendemain, mise au ban de la bonne société locale. À la porte de chez sa mère. Expédiée dans la maison glaciale en chantier de son père. Seule, enceinte, abandonnée. Et son enfant placé dès la naissance.
À partir de ce drame fondateur, Meredith Hall déroule une existence entre chaos à répétition. Une quête perpétuelle d’elle-même et contre le vide, des voyages qui ressemblent à des errances. Un lien à ses parents, détricoté ; deux enfants qu’elle chérit comme on manque. Des études reprises sur le tard. Et puis, un jour, le retour du premier-né et une forme de complétude, l’intégrité revenue.
Loin d’un fil linéaire, le récit de cette vie se tisse de fragments croisés : des sensations ; des faits, bruts ; des anecdotes ; des passerelles aussi. L’écriture nüshu, ce lien magnifique entre mères et filles ; les chimères et la génétique ; les mythes grecs ; la mémoire et l’oubli ; les héritages – apprendre à garder le beau. Alors cette autobiographie savamment agencée se mue en autre chose. Elle est plus grande, plus complète, plus riche : nourrie. Elle est Meredith, autre et ailleurs. « Je porte en moi chacun de mes actes, chaque jour, jusqu’à ma mort. », écrit-elle. Son texte s’affirme, émouvant sans pathos, dense, complexe, sinueux. La rédemption bien sûr, et la famille, sont là. Au service d’une vie. « Mémoire. Nous portons nos histoires – chacun d’entre nous – et nous faisons des choix. Il n’y a pas de temps à perdre. Il n’y a pas d’autre vie qui nous attend. »

Julie Coutu

Sans carte ni boussole, de Meredith
Hall
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Laurence Richard, Philippe Rey,
352 pages, 24

Passé recomposé Par Julie Coutu
Le Matricule des Anges n°272 , avril 2026.
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