La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger La Virtuose d’Harriet Constable

juillet 2025 | Le Matricule des Anges n°265 | par Thierry Guinhut

Venise fascine. À juste titre. Surtout au faîte de sa gloire baroque, au XVIIIe siècle, lorsque Vivaldi enflamme les foules avec ses concertos et ses opéras. Cependant, derrière la figure du prêtre, dont les « cheveux roux scintillent comme le bois d’un violon », se cachent les orphelines de l’Ospedale della Pietà, musiciennes et chanteuses remarquables. Parmi ces jeunes prodiges brille Anna Maria, qui obtient l’immense honneur d’être nommée « maître de musique ». Ainsi la voilà « préservée de toute perspective de mariage, de tout risque d’être arrachée à sa musique ». Pour elle « les notes ont toujours eu des couleurs » et son archet virevolte en jouant Les Trilles du diable de Tartini « mieux que le diable lui-même », selon l’aveu de son auteur. Il lui faut interpréter les abondants arrangements du maître des Quatre saisons et de surcroît composer au secours de ce dernier repu de travail, alors que les femmes ne sont guère censées étudier la composition. Hélas, il ne veut pas de son originalité : elle doit se contenter de l’imiter. Pis, le génie est à la fois adulé et dénoncé : « il se sert de nous et de nos idées ».
D’une prostituée inaugurale, tombée enceinte d’un de ses clients, en passant par une concertiste engrossée malgré elle, jusqu’à la féerie de « la virtuose », un vaste panorama urbain et de civilisation défile. Ce beau roman historique, plein de passion pour l’art musical, bruissant de toutes les bassesses et beautés de Venise, emporte le lecteur. Tout juste si l’on pourrait oser lui reprocher un air du temps qui consiste à survaloriser les femmes que l’Histoire a occultées. Mais sans vouloir rabaisser ou jalouser les génies masculins, n’est-il pas justice de réhabiliter les plus méritantes ?

Thierry Guinhut

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Cécile Arnaud, Albin Michel, 384 pages, 21,90

La Virtuose d’Harriet Constable Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°265 , juillet 2025.
LMDA papier n°265
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°265
4,50