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Poésie Terrestres

mai 2013 | Le Matricule des Anges n°143 | par Richard Blin

TERRESTRES
de DENIS RIGAL
Le Bruit du temps, 112 pages, 18

Aux antipodes du leurre, sans ruses ni ornements, et loin de vouloir délivrer un quelconque message, les poèmes de Denis Rigal sont ceux d’un homme jeté, comme tout un chacun, dans la douleur du monde. Il sait les ravages du temps et n’ignore rien des détresses de l’époque, mais il sait aussi que malgré tout, malgré la mort même, il faut, on doit célébrer la beauté nue du monde, « cette beauté que nul ne nomme plus,/qui vous sommait, jetait sa poudre aux yeux, faisait donner canon et nombre d’or ». Né en 1938 et vivant depuis près de cinquante ans en Bretagne, il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes – dont Aval (Gallimard, 2006) – et de traductions d’auteurs irlandais. Avec Terrestres, ce sont les noces du désastre et de la merveille qu’il fête, à partir de l’expérience la plus humble et la plus concrète, celle qui passe par la connivence avec les grandes forces élémentaires et par une amoureuse attention aux lieux, aux bêtes, aux paysages.
Avec une véritable exigence d’exactitude, il dit ce qu’il voit, ce qu’il en est de ce monde exclusivement terrestre qu’aucun espoir d’un quelconque au-delà ne traverse. Ainsi « ces deux cyprès que le vent courbe ;//toujours le même vent,/depuis le premier jour ;/et ils résistent/avec cet attachement têtu/au périssable,/tout seuls parmi l’herbe pauvre. » Face à l’immuable comme aux incessantes métamorphoses, il donne voix à ce qui reste en nous de sauvage, d’indomptable. Il se souvient que l’homme est né des eaux, que la « plus neuve pensée n’est que ressac/lointain du clapot amniotique, écho/d’un rêve né dans le monde flottant/baigné dans la tiède étendue de l’être ».
Une poésie du surplomb où le poème se fait encorbellement, saillie sur le vertige d’où voir « la vie si vieille/où couve encore le feu muet du temps/qui sait tout d’elle-même,/n’espère rien au-delà ». Entre l’emprise et le détachement, depuis le cœur même de notre condition précaire, c’est la souveraineté du beau que célèbre le poète, à la manière d’un figuier qui « accroché à l’abrupte paroie/fructifie pour l’abîme ».

Richard Blin

Le Matricule des Anges n°143 , mai 2013.
LMDA papier n°143
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°143
4,50