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Corrida des mers
Lmda N°275 Réédition d’À la recherche du cachalot, roman documentaire du franco-italien Mario Ruspoli sur la chasse aux cétacés. Crépusculaire, poétique, cruel, magnifiquement illustré. Un docu-fiction ? Du réel romancé ? Un document (ré)interprété ? Un mélange de réel et de fiction. Du cinéma-vérité ? Celui de la reproduction « d’une réalité la plus vivante et saignante possible » ? Un matériel de plus en plus léger, les aspirations des sciences humaines, l’ethnologie et aussi l’antipsychiatrie ont permis en France, dans les années 1960, le développement de ce cinéma. Son...
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Domaine étranger Ombre portée Dans un premier roman assez fantomatique, l’écrivaine italo-suisse Anna Ruchat jette le doute sur un père. En 1927, André Gide dans Les Nourritures terrestres eut cette formule cinglante : « Familles, je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur. » Faut dire qu’il s’en passe des choses dans la cellule familiale, le meilleur comme le pire ! Teresa, 18 ans, dans ses montagnes lombardes aurait, elle, continué à vivre heureuse sous le toit parental. Mais, en ce début des années 1980, la vie y est difficile et...
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Domaine français En dansant dans le marges Quelque part entre Robert Walser et C.-A. Cingria, les « proseries » à fleur de peau de Lambert Schlechter recueillent le murmure du monde. Il y a quelque chose de farouchement singulier dans l’activité d’infatigable noteur de Lambert Schlechter. Mû par un insatiable appétit de dire, il ne cesse de chercher à saisir cet insaisissable qu’il nomme « le murmure du monde » et dont il a fait le terme générique d’un cycle entamé en 2006 et qu’il décline en volumes possédant chacun leur caractère propre. Viennent ainsi de paraître les volumes 11 (Franz à la Fenice), 12 (Comment) et 13...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Acab
On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio
Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell
Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
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Domaine étranger Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé...
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Poésie Par-delà l'effroi Inédite en français, cette part importante de
la création poétique de Paul Celan atteste de
sa jeunesse bouleversée. En dépit de leur gravité, ces premiers poèmes surprennent par leur beauté. Né à Cernauti en 1920, ville roumaine dénommée en allemand Czernowitz, et issu d’une famille juive germanophone, celui qui ne s’appelle pas encore Paul Celan mais Paul Antschel, entreprend dès 1938 une œuvre qui comptera parmi les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle. Composés en Roumanie avant l’exil définitif en France, ces textes de jeunesse sont à considérer comme la matrice de sa poétique. Le choix du titre est ici celui...
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Poches Coups du sort À l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, Maurice Pons fait à nouveau tourner les presses. La réédition des Délicieuses frayeurs de Maurice Pons rappelle à propos que cet écrivain aussi discret de son vivant que cardinal fut un nouvelliste hors pair. L’Académie française elle-même s’en aperçut qui lui offrit son Grand Prix de la nouvelle en 1985. Chacune des neuf nouvelles du recueil de 2006 – c’était alors une composition inédite de nouvelles éparses – assure une flagrante administration de la preuve que personne ne s’est trompé...
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Théâtre Une immense tragédie Quand une femme se dresse face à la guerre et à la folie des hommes. Aristide Tarnagda est un auteur du Burkina Faso. Sa rencontre en 2004 avec Koffi Kwahulé le convaincra de se consacrer au théâtre et à l’écriture. Fadhila est son texte le plus récent. Fadhila, c’est d’abord une langue. Une langue puissante, imagée, métaphorique, une langue qui conte et raconte et laisse aux personnages le temps et l’espace de parler pour nous dire, ou tenter de nous dire, leurs vérités profondes. C’est la langue directe...
Intemporels
par Didier Garcia
La misère au quotidien
Dans Le Pain nu, l’écrivain marocain Mohamed Choukri (1935-2003) peint la réalité de son enfance : un exercice de survie.
Pour certains, les premières années de leur vie ont les allures d’un chemin de croix. Celles de Mohamed Choukri auront été particulièrement douloureuses. De 7 à 20 ans, aucune forme de violence ne lui aura été épargnée. Celle de son père tout d’abord (qu’il appelle « le monstre »), qui le roue de coups à la moindre occasion, passe son temps à injurier le monde entier, à commencer par sa femme qu’il traite de putain, et finit par tuer le plus jeune de ses fils en lui tordant le cou (« S’il y avait quelqu’un dont je souhaitais la mort, c’était bien mon père. Je le haïssais comme je haïssais...
Le Matricule des Anges n°260








