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« Écrire à côté de mes lacets »
Une compilation colossale de textes et d’entretiens de Chantal Akerman donne accès à l’antichambre d’une cinéaste infiniment libre qui plaçait l’écrit et la parole à l’origine de son œuvre.
Il y a deux ans, son long-métrage Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles était élu « meilleur film de tous les temps » par la revue britannique Sight and Sound. Chantal Akerman est l’autrice d’une œuvre cinématographique et artistique prolifique (plus d’une trentaine de films de fiction, de documentaires, de vidéos expérimentales, une dizaine d’installations artistiques et quatre publications). On l’avait découverte écrivaine, grâce aux rééditions de L’Arche et de L’Imaginaire, on la connaissait beaucoup moins diariste. L’Arachnéen dévoile une somme monumentale de toutes les...
Un homme en colère
Avec Terra Alta, premier tome d’une série, l’écrivain poursuit la dissection de l’histoire de l’Espagne. Son nouveau héros est un flic nommé Melchor.
Son père était un inconnu. Sa mère, une putain. Elle œuvrait « pour une bouchée de pain, exposée à tous les vents ». Quand elle le met au monde, peut-être voit-elle en lui un messager de la paix : elle le nomme Melchor. Tiens, tiens. Leur vie est misérable, honteuse. À peine adolescent, le fils joue au délinquant. La prison lui est grande ouverte. Entre haine et rancœur, Melchor rumine. Sa...
Rivières sans détours
Dans ces récits écrits au fil de l’eau et de sa pensée tourbillonnante, on retrouve l’insolence joyeuse d’Edward Abbey, l’écrivain des grands espaces.
On l’invite en qualité de « philosophe de la nature sauvage ». Le salaire n’est pas terrible, mais on n’attend pas de lui qu’il fasse autre chose « que d’avoir l’air sage, la fermer ». Et c’est parti pour de nombreuses escapades sur le dos de ces rivières si follement immenses qui font de l’Amérique du Nord un pays de démesure. Une sorte de voyage organisé plutôt chic avec guides bodybuildés...
Rapiécer le monde
Entre détresse et tendresse, ce jeune Québécois écrit des histoires de gosses et d’adultes piégés par notre époque si peu bienveillante. Lumineux.
Mes mots les plus importants, ceux que je devrais dire pour la consoler, la rassurer, pour la faire sourire une ou deux fois avant que je meure – ces mots-là, ils veulent pas sortir. Ils restent coincés en chemin ou ben ils trébuchent dans la fosse à tristesse… » Notez le « ben », le « ne » abonné aux absents, les images comme cette fosse à tristesse. Ce parler franc et fleuri à la fois, qui...
D’amour et de soufre
Un monastère où sont maltraités des gamins, des fantômes du nazisme qui rôdent : Le Bois, un roman fracassant et expiatoire.
Ça sent le sperme partout. » Bonaventura surveille le dortoir, lieu de tous les rêves impossibles où s’affairent dans l’obscurité de jeunes garçons. Lui-même en proie à quelques démons – débordement de sexe, manque d’amour – s’agite et souffre : « Érection. Œuvre d’art vivante offerte au corps de l’homme, même à celui d’un moine. Ma trique s’arc-boute contre la bure piquante qui me...





