RUBRIQUE Traduction
Les articles
Annie Bats *
Déclin et fascination de Eva Baltasar
Je n’avais jamais fait cette expérience : traduire une même autrice à mesure qu’elle publie, saisir de mieux en mieux la singularité de chaque livre et les lignes de force de l’ensemble. Je la dois, d’une part, à son éditrice en catalan, Maria Bohigas, du Club Editor, qui, après m’avoir confié la mise en français de Llefre de tu (Ogre de toi), récit du poète majorquin Biel Mesquida, s’est à nouveau tournée vers moi ; d’autre part, aux éditions Verdier, qui publient Eva Baltasar avec une constance rare, s’agissant d’une contemporaine, certes reconnue internationalement, mais demeurant en...
Iryna Dmytrychyn
Personne ne demandera rien, de Serhiy Jadan
Ferhiy Jadan est un auteur protéiforme qui excelle dans tous les genres, qu’il s’agisse de poésie, de prose, de dramaturgie et de traduction. On le connaît chanteur et front man, engagé politiquement dans l’aide logistique aux combattants et aux civils depuis le début de la guerre en 2014, et plus encore depuis l’invasion à grande échelle de février 2022. En mars 2024 il s’est engagé dans...
Christophe Mileschi & Martin Rueff
Works, de Vitaliano Trevisan
Christophe – Quand je traduis je m’absente. Me laisse traverser par la parole de l’autre, à qui je cède ma voix et ma langue française. J’ai un peu brûlé les planches : souvent j’ai cru sentir une proximité profonde entre ce qu’il advient de moi traduisant et ce qui arrive à l’acteur·ice incarnant quelqu’un·e qu’iel n’est pas. Qu’on traduise ou joue un rôle, les pièces dont on est formé se...
Un livre
L' Arbre de l’homme
de
Patrick White
David Fauquemberg
L’Arbre de l’homme, de Patrick White
Quand le prix Nobel australien Patrick White (1912-1990) entreprend d’écrire son chef-d’œuvre, en 1950, il rentre d’Angleterre après des études à Cambridge, un début de carrière littéraire ; il a fait la guerre au Moyen-Orient. C’est décidé : il vivra à Dogwoods, sa ferme aux abords de Sydney, travaillera la terre avec son compagnon Manoly Lascaris. Que signifie, au fond, s’installer –...
Vincent Raynaud
La Récréation est finie de Dario Ferrari
Le 21 mai 1980, Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni, s’exprimait devant des adhérentes au parti conservateur qu’elle dirigeait. C’est à cette occasion qu’elle prononça une formule passée depuis à la postérité : TINA. There is no alternative. Il n’y a pas d’autre voie. Ce qu’elle voulait dire, c’est que l’économie de marché et le capitalisme mondialisé ne sont pas des états...




