RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Plein le dos
Laid, petit et bossu, l’écrivain William Hay (1695-1755) se plaint et se console avec humour et panache.
Issu de la noblesse terrienne, marié à une parente du Duc de Newcastle qui lui donna trois fils, élu à la Chambre des Lords, William Hay avait tout pour être heureux. Sauf sa bosse sur le dos, sa taille – 152 cm –, son visage « ravagé par la variole », et pour couronner le tout la « maladie de la pierre » et son cortège de douleurs. C’est à l’âge de 59 ans, quelques mois avant sa mort, qu’il...
Des livres
Miroirs du temps
de
Goliarda Sapienza
Goliarda
de
Angelo Maria Pellegrino
Vies, morts et renaissances de Goliarda Sapienza
de
Nathalie Castagné
Goliarda rediviva
En guise de cadeau d’anniversaire, trois nouvelles pièces pour le puzzle toujours recommencé de l’auteure de L’Art de la joie.
Nous avions osé l’anticiper quelque peu dans notre numéro d’été (voir Lmda N°245) : c’est en cette année 2024 que nous pouvons fêter le centenaire de Goliarda Sapienza. Elle mentionna souvent cette date de naissance – 1924 – comme une marque indélébile, un signe fatal : naître sous le fascisme (Mussolini arrive au pouvoir en 1922) de parents socialistes, surveillés par le régime, orienta, dès...
Manger de la chair de Plutarque
Nous nous imaginons trop les Grecs comme tous carnivores. Ou, selon le terme de Jean-François Pradeau dans son introduction à Manger de la chair, « carnistes » : le rituel du sacrifice et la pratique du banquet cachent les polémiques et divisions qu’avaient entre eux les Anciens. La conférence de Plutarque (45-125), « Peri sarkophagias », témoigne que l’alimentation carnée n’était pas la...
Une poétique de la relation
Dans son approche sensuelle et esthétique de « l’immensité intime », Henri Gilbert nous invite à participer corps et âme à la chair du monde.
En onze vagabondages autour de la notion d’« immensité intime » – une formule due à Gaston Bachelard qui, dans Poétique de l’espace, traque la subtile dialectique de l’espace intime et de l’espace extérieur jusque dans la façon dont ils en viennent à « s’encourager dans leur croissance » –, Henri Gilbert témoigne de la façon dont il s’est approprié cette notion, l’a expérimentée et l’a...



