RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Au bibliopède inconnu
Fidèle à sa passion, Lucien X. Polastron donne sa voix et son érudition à la bibliothèque dans une vibrante prosopopée.
Certains livres ne s’adressent qu’aux membres d’un club très discret, pour ne pas dire une secte : celle des « bibliomanes » pour la psychiatrie, des « bibliolâtres » pour la religion. Lucien X. Polastron, revendiquant sa « bibliopathologie », se définit quant à lui comme un « bibliopède » ou « piéton du livre ». Il a consacré une quinzaine d’essais à tout ce qui touche à sa passion – le...
Jusqu’au noyau de vertige
Dans un livre transi de mélancolie et d’urgence de vivre, Sophie Gallé-Soas romance la vie de Masahisa Fukase (1934-2012), un photographe majeur de l’âge d’or de la photographie japonaise.
Manifestement désemparé un homme parle à une sorte d’alter ego qui n’est autre qu’un corbeau, un de ceux qu’il ne cesse de photographier depuis une rupture amoureuse particulièrement douloureuse. Il s’appelle Masahisa Fukase, il a 57 ans, et Yoko, son modèle, sa femme, sa muse l’a quitté. En dérive vers le grand rien, il s’accroche à ce qui lui reste, ses images, qu’il regarde et commente en...
Simulacres et simulation, de Jean Baudrillard
Gallimard réédite Simulacres et simulation (Galilée, 1981). À quatre décennies de distance, force est de reconnaître au livre sa virtuosité critique et sa puissance visionnaire. La thèse de Jean Baudrillard, trop souvent caricaturée, est celle de la « précession des simulacres ». Nous sommes parvenus au stade où les « modèles opérationnels » ou « scénarios » non seulement redoublent le réel...
En avant, doute !
Stanley Cavell (1926-2018) se confronte à la grande question du scepticisme. Un essai des années 1980 plus que jamais actuel.
Dix ans après Les Voix de la Raison (1979), In Quest of the Ordinary (1988) revient sur son affaire. Que ce soient ses écrits sur le cinéma, sa lecture d’Emerson et de Thoreau, son appel à Une Amérique encore inapprochable (1989) comme un horizon paradoxal, l’unité de l’œuvre de Stanley Cavell ne se soutient que sur sa propre « obscurité », le rouet du « problème du scepticisme ». Il s’en...




