RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Les rois du tourniquet
Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux suivent le fil du Fleuve Noir et de quelques décennies de collections populaires, entre nouveau monde et fin de banquet.
Aux origines de la pop culture : le titre pourrait, en dehors de l’enfance d’Élisabeth Borne, rendre compte d’à peu près tout. Le sous-titre est plus éclairant – Le Fleuve Noir et les Presses de la cité au cœur du transmédia à la française, 1945-1990 –, qui ramène à l’après-guerre. Les éditeurs compromis par la collaboration s’en sortent assez bien, les hommes et les structures se...
Rachilde, homme de lettres de Cécile Chabaud
Une incroyable personnalité innerve la trajectoire de Marguerite Eymery (1860-1953). Stimulée par le reproche de son père qui aurait voulu qu’elle soit un garçon et en fait une amazone, énervée par les violences de ses parents, un viol précoce, un mari refusé, la petite provinciale qui a lu Zola et Sade – anticipant son Madame de Sade – et se voit encouragée par Hugo, débarque du Périgord où...
Des boutons et des machines
Il y a deux ans tout juste, Philippe Garnier, éditeur, romancier et essayiste, nous avait séduits avec sa Mélancolie du pot de yaourt (Premier parallèle), un essai allègre, aussi profond que drôle, où il s’était attelé à l’analyse de notre fascination pour l’emballage, le paquet, la mise en boîte. Ces pages évoquaient un Barthes beaucoup plus badin, gyrovague comme Fargue, délicat comme...
La Beauté du geste de Yves Bichet
Plus ou moins volontaires, plus ou moins éloquents, les gestes relèvent du pouvoir et de l’éclat de la beauté ou renvoient à la secrète nécessité qui est à l’œuvre au cœur de l’évidence. En s’attachant à quelques-uns d’entre eux, et au fil de récits qui ont la force de persuasion du fragment, quand ils sont courts, ou qui tiennent d’une sorte d’étude d’après nature, quand ils sont plus longs,...




