RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Un iconoclaste chez les décoloniaux
L’écrivain et sociologue Elgas explore les relations « françafricaines ». Il en appelle à sortir de l’aliénation et du ressentiment.
C’est un ouvrage qui fera date – tant il éclaire d’une lumière nouvelle, souvent mordante, l’histoire longue de la pensée décoloniale, ses pionniers et ses avatars, pointant au passage quelques figures connues de la diaspora africaine francophone. Lumière nouvelle, car Elgas, de son vrai nom El Hadj Souleymane Gassama, s’il est de parti pris, au sens positif du terme, s’inclut dans l’analyse...
Modernité du livre de Olivier Bessard-Banquy
Le livre a changé, et tous azimuts. En quelques décennies, sa fabrication, son édition, sa médiatisation, son lectorat, ont connu de profondes mutations. Enseignant à l’université de Bordeaux Montaigne, Olivier Bessard-Banquy retrace l’histoire de ces bouleversements et en montre les enjeux industriels et commerciaux, mais aussi sociétaux, dans un essai qui par surplus est un très beau livre....
L' Écrivain, comme personne de Patrick Kéchichian
Patrick Kéchichian a subitement disparu dans la nuit du 17 au 18 octobre dernier. Critique littéraire au Monde des livres durant plusieurs décennies, d’une impeccable courtoisie, il n’était certes pas réputé pour avoir un caractère fuyant. Discret sans doute, capable comme on l’est rarement d’écoute véritable, voilà qui le caractérisait beaucoup mieux. Tous ceux qui le connaissaient ont été...
Le mort saisit le vif
Il y a des morts qui ne passent pas. Que faire, demande la philosophe Vinciane Despret, de leur « insistance » ? Des œuvres d’art.
Le défunt qui a des comptes à régler revient la nuit – ce que fait le « revenant » – pour durant notre sommeil nous tirer par les pieds. Façon de nous intimer de répondre à la question posée par sa mort. Cette version folklorique du deuil impossible (pléonasme ?) doit être prise au sérieux. « Des morts qu’on espérait tranquilles, dont on escomptait qu’ils acceptent leur sort – qu’ils...




