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Le Matricule des Anges
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La rédaction Xavier Person

Articles

Il n'y a rien à dire sur un livre À partir du surgissement d’images venues souvent de l’enfance, mais sans verser dans les clichés poétiques, la poésie d’Emmanuel Hocquard est le récit d’une histoire qui n’est pas son histoire. Cinq livres sont posés sur la table, pas n’importe lesquels. Nous les avons choisis ensemble. Le mieux sans doute, on le comprendra à la fin de l’entretien, aurait été de n’en rien dire, mais il fallait bien dire quelque chose. Emmanuel Hocquard parle lentement, on sent qu’il s’applique à penser à ce qu’il dit, à penser à ce que cela veut dire que de dire quelque chose. Il y a parfois des blancs dans la conversation. Les cinq chats de la maison font souvent irruption, notamment nommés Fleur, Zorro, Bernardo (qui se trouve être la mère de Zorro !). Le poète ne se prive pas de les...
avril 2018
Le Matricule des Anges n°192

Le chant des bananes

Musicien prodigue, loufoque dramaturge, poète peu sérieux, Jacques Rebotier fait tourner la langue sur elle-même, jusqu’à ne plus rien nous en laisser voir que le dos. Une oeuvre hallucinante où tout est renversé. Les mots glissent, se retournent sur eux-mêmes en palindromes. Les phrases affluent dans une logique dérivante, délirante. Les mots jouent, bifurquent en calembours. Il y a du jeu entre les mots et de sérieux risques d’avalanches. Dans La Vie est courbe, Jacques Rebotier fait parler un homme dans sa baignoire, une fois que les plombs ont pété : « Les paroles sont liquides, les pensées sont...
décembre 2001
Le Matricule des Anges n°37

Ça m’a même pas fait mal

de Manuel Joseph

Obsession textuelle

Faux livre pour enfant, le texte de Manuel Joseph est un vrai texte d’enfance et d’horreur. Il avance par ruptures, par coupures. L’innommable y déferle, nous submerge. Ça m’a même pas fait mal, le deuxième livre1 de Manuel Joseph est un livre qu’on pourrait dire illisible. Illisible parce qu’imprimé sur fond de couleurs vives, criardes. Illisible parce qu’aveuglant. Parce que perçant des trous à la place des yeux. Creusant des trous à même l’innommable du récit de l’enfance martyrisée, enfance massacrée de faits divers qui touchent à l’intime, histoires...
décembre 2001
Le Matricule des Anges n°37

Substance

de Lorette Nobécourt

Le livre de personne

Un homme parlerait et dans ses mots presque tout pourrait être dit, les images des rêves, les sensations d’avant les mots, les mouvements de tous les hommes sur la terre, les mouvements des nuages et des nuages la substance même, le sang qui coule dans les veines des hommes et du mouvement de l’amour la puissance de métamorphose, la puissance de ce qui se lève dans les mots de l’amour et qui...
décembre 2001
Le Matricule des Anges n°37

L' Éparpillement des sites

de Jean-Marc Baillieu

Devenez écrivain

Comment peut-on être l’auteur de ses livres ? Jean-Marc Baillieu pose l’acte critique au départ de sa création poétique. L’Éparpillement des sites : un livre que vous pourriez peut-être écrire. À sa manière, Jean-Marc Baillieu s’inscrit dans un rapport à la littérature qui n’en évite pas la critique et laisse sa part à l’abstraction, c’est-à-dire à la pensée, c’est-à-dire aussi au blanc de la page, au silence et à la conscience de la vanité du fait d’écrire, à son ineptie dès lors qu’on y regarde d’un peu près. Les livres qu’il avait pu donner jusqu’alors n’entraient pas dans un...
septembre 2001
Le Matricule des Anges n°36

Quartier libre – chronique

Chorégraphie de ma voisine Pourquoi continuer à écrire cette chronique ? Au fond de moi, vous l’aurez deviné : la sensation que tout cela est peine perdue, il n’y a rien à attendre, ou plutôt il n’y a qu’à attendre, sachant que ce qui arrivera, ce qui adviendra par la littérature se joue ailleurs, cela n’a rien à voir avec ce que nous attendons dans nos vies, pour nos vies, et pourtant si, cela a à voir. Comment dire ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi encore écrire des livres, pourquoi en lire et en parler ? Pendant un temps nous avions une voisine étrange dans notre immeuble. Elle ne parlait jamais à...
mars 2018
Le Matricule des Anges n°191

Le regret des étoiles

Tous ces livres qui s’accumulent, se dit-on parfois, ces bibliothèques surchargées, ces piles vacillantes. Pourquoi lire un livre en plus ? En ajouter un à la liste de ceux que nous avons lus, pour quoi faire ? De quoi avons-nous peur, à ériger ces murs de livres ? Quelle béance voulons-nous combler ? De quel vertige espérons-nous nous déprendre ? Lire serait-il devenu un but en soi, un...
février 2018
Le Matricule des Anges n°190

Tout le monde se ressemble

Cher Patrick Modiano, Cela fait longtemps que j’hésite à vous écrire. Durant toutes ces années, je n’ai pas cessé de me perdre et de me retrouver dans vos livres. De l’un à l’autre, j’avançais dans un léger brouillard, comme certains matins d’hiver aux abords de la Seine. Parfois j’entr’apercevais des lueurs. De quoi essayais-je de me souvenir en vous lisant ? De vos autres livres ? De ce...
janvier 2018
Le Matricule des Anges n°189

Courrier du lecteur – chronique

Star Ac Comment devenir une légende ? Qu’est-ce que la sainteté moderne ? Lire Frédéric Boyer et Christophe Fiat ou relire Gertrud Stein ?. Comme elle le dit quelque part dans son Autobiographie de tout le monde, pour Gertrud Stein être un saint consistait à se tenir immobile, dans une sorte d’immobilité béate, libéré de tout agir, n’ayant qu’à être soi, tel qu’en soi-même. On conçoit dès lors que pour elle, raconter une histoire, faire le récit d’une vie ne soit pas tant s’en tenir à une progression depuis un début jusqu’à une fin, que répéter, revenir, s’animer dans toutes les directions, tourner mais pas en rond, car on ne repasse jamais exactement par le même point, s’écarter du centre et puis y revenir, mais pas...
novembre 2005
Le Matricule des Anges n°68

Drôle de drame

Dans le décor fait un petit livre jubilatoire d’un film qui ne se fera peut-être pas et d’un roman qui peine à s’écrire. Dans le décor est un livre dont la fin est vraiment belle et qui rien que pour ça mérite d’être lu jusqu’au bout, même si on ne comprend pas toujours où l’histoire nous mène, même si parfois, franchement dans le décor, on se demande si le roman qu’on lit est bien le roman qu’on se croyait en train de lire, tant les bifurcations sont vives, tant la fiction ici, film dans le roman, roman dans...
octobre 2005
Le Matricule des Anges n°67

Maudit Bic

Qu’est-ce qu’un phallus clownesque ? Pourquoi les baleines sont-elles maudites ? Vous manque un mot, lequel ?. À deux reprises, dans le mouvement proprement métastatique en quoi consiste Vertig, dans ce dysfonctionnement fictionnel généralisé en quoi consiste ce roman du cancer en l’état très avancé, cancer de l’utérus de la mère du narrateur, cancer également d’une autre femme aimée et morte elle aussi, à au moins deux reprises on a noté qu’apparaissait dans ce vertige sans e (sans eux aussi bien,...
septembre 2005
Le Matricule des Anges n°66