La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
Un livre
Beauté
de
Juan Ramon Jiménez
Instant perpétuel
Avec quelques mots nus, mais avec ce qu’il faut de souffle, Juan Jamon Jiménez parvient au poème. On devine que la fulgurance de l’inspiration et la rigueur du travail de celui qui élague au plus juste a permis cet équilibre entre le vers libre, la sensation et la disposition métaphysique.
Né en 1881 et mort en 1958, ce grand lyrique espagnol, bien trop peu connu en France, a nettoyé la...
Un auteur
Le Pogge sans préjugés
D’un auteur italien du XVe siècle qui écrivait en latin, c’est a priori une édition bilingue pour spécialiste, avec introduction savante, bibliographie, « note philologique », notes et index… Mais quel bonheur de lecture, picorant au hasard parmi ces 273 courts morceaux, au point que l’on ne rechigne pas à les dévorer du premier au dernier, sans imaginer jamais les quitter. Récits très...
Secte pilée
Entre nazisme, communisme et Russie, un marteau de glace éveille les cœurs. Le turbulent Vladimir Sorokine explore les affres d’une société en mal de rêves.
Plutôt que glacé, ce roman est d’une brûlante intensité. Ne dit-on pas que le métal gelé brûle les doigts ? Le marteau glacé signe l’agonie, ou une nouvelle naissance. C’est ici entrer dans la rhétorique d’une secte terrifiante qui, plutôt de « la philosophie à coup de marteau » pour reprendre une formule de Nietzsche fait de la religion à coup de glace en frappant le sternum des nouveaux...
Un espion en Angleterre
Le dernier volet de l’autobiographie d’Élias Canetti (1905-1994) s’apparente à un pénétrant défilé de « caractères » où se mêlent tendresse et sens critique.
Les aficionados de l’Européen Élias Canetti resteront peut-être sur leur faim en abordant le dernier volet tant attendu de son autobiographie. Depuis La Langue sauvée où le premier souvenir d’enfance était la menace de se voir couper la langue, il semble là que la mort lui ait mangé une partie de la langue. Car nous lisons ici un inachevé, encore fragmentaire, rassemblé et ordonné à...



