La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un livre
Dont bouge
de
Christian Hubin
À contre-jour
Avec Christian Hubin, c’est du mystère consubstantiel à la poésie qu’il s’agit, de ce qui en elle, loin de toute illusion de prise sur le monde, mine tout discours, et oblige à fréquenter les limbes du langage, comme à habiter l’intervalle entre ce qui est veut être ou a été et ce qui cherche à le dire. Le poème, alors, devient ce lieu d’improbable saisie où se donne à entendre un peu de...
Un livre
Éloge de la caresse
de
François Solesmes
La beauté du geste
Un petit enchantement que cet Éloge de la caresse dû à François Solesmes, chantre de la femme, de la mer et de l’arbre, dédicataire de L’Amant, et destinataire des Lettres à l’amant de Mireille Sorgue. Éloge de la caresse lui est dédiée, comme l’était déjà De la caresse (Phébus, 1989), dont le présent ouvrage constitue l’édition revue et enrichie.
Tout en dévotion vivante, passes...
Un livre
69 vies de mon père
de
Ludovic Degroote
L’amour d’absence
Comment écrire le père mort, celui par lequel on vit, sinon en accueillant la langue qui le déborde et nous traverse ? Un récit émouvant de Ludovic Degroote.
Voici un livre à aborder avec le ventre, avec les tripes, plutôt qu’avec la tête. Un livre qui pense (à) la vie, la réfléchit à travers la façon dont un mort peut continuer à vivre à l’intérieur de la mémoire et de la langue. Un livre qui cherche la vie au plus intime, entre corps et finitude, traces et souvenirs. Un livre qui nous concerne tous, morts en sursis que nous sommes, futurs morts...
Un auteur
Gueules minérales
L’idée est originale, le livre est beau, la mise en page efficace. D’un côté, se détachant sur un fond d’un noir intense, des images de roches à visage humain. Des « gueules de pierre » qu’a surpris le photographe Bernard Vincent, au hasard de ses balades dans la vallée de l’Ibie, entre monts de Berg et gorges de l’Ardèche. Une vallée large, caillouteuse, aux rives remontant des coteaux...
