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La rédaction Richard Blin

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Articles

Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur

de Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer. Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
septembre 2026
Le Matricule des Anges n°276

Je ne suis pas Victor Hugo

de Olivier Barbarant

La chair des mots

En une sorte d’autobiographie désinnocentée, Olivier Barbarant décline, sur le mode de la plénitude sensorielle, les germinations et éclosions qui forgent l’identité textuelle comme l’identité individuelle. C’est d’un subtil jeu avec le « je » qu’il s’agit dans Je ne suis pas Victor Hugo. Qui suis-je ? ou plutôt qui ai-je été, se demande Olivier Barbarant au fil d’une suite autobiographique musicalement conçue et relevant autant du désir que de la nécessité d’approcher la vérité d’une relation au monde. En tentant de retrouver l’intériorité de l’enfant et de l’adolescent qu’il fut, en cherchant...
avril 2007
Le Matricule des Anges n°82

Poésies complètes

de Mario de Sa-Carneiro

Les cabrioles d’un Pierrot génial

Des fastes d’un subjectivisme absolu au règne de sa propre irréalité, l’œuvre-vie de Mário de Sá-Carneiro (1890-1916) témoigne d’une impossible présence à soi et au monde. Fernando Pessoa, qui fut son ami et son confident, a dit de Sá-Carneiro qu’il n’eut pas de biographie mais uniquement du génie. Lorsqu’ils se rencontrèrent, fin 1911, ni l’un ni l’autre n’étaient encore poètes. Sá-Carneiro avait écrit un livre de contes, quelques nouvelles et une pièce de théâtre, tandis que Pessoa était reconnu comme le Critique au sein d’un petit groupe d’initiés. Mais leur...
mars 2007
Le Matricule des Anges n°81

Algues, sable, coquillages et crevettes : Lettre d’un poète à des comédiens et à quelques autres passeurs

de Jean-Pierre Siméon

Lettre d’un poète

Plus que jamais la poésie est, et demeure, un défi : au langage, aux habitudes de pensée, au sens. Et pourtant elle s’adresse à chacun, nous concerne tous, car la poésie est faite pour agir bien plus que pour dire. Ce qu’elle nous propose, c’est une autre saisie du réel, une forme inouïe d’approche de ce qui justement ne peut se dire, et qui relève du sens subjectif et mystérieux de...
mars 2007
Le Matricule des Anges n°81

Délires de Ríos

L’ivresse, la fougue, l’intelligence, l’humour, c’est l’air du grand opéra de la relation jubilante à la fièvre de lire et d’écrire, qu’entonne pour nous l’auteur espagnol. D’Ulysse à Alice. Il est des livres qui dès les premières lignes ouvrent à nos sens de précieux espaces de plaisir. D’emblée, une aisance, une liberté de ton, quelque chose d’iconoclaste et d’égarant suscitent le désir d’avancer vite dans la découverte d’un territoire qu’on devine riche en commotions secrètes. Les livres de Julián Ríos appartiennent à cette catégorie, comme ceux d’Arno Schmidt (dont il fut le...
mars 2007
Le Matricule des Anges n°81