La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un incendie sans flammes
Alain Borne est un poète à redécouvrir pour sa sensualité profuse et la volupté sombre de ses rêves poignardés.
Il n’y avait rien. Il y eut quelque chose. Il n’y a plus rien. / Si le néant était demeuré noir, je ne le conterais. Mais pour un temps, il devint clair. / C’est ce passage du noir au noir à travers la lumière que je chante. » On ne saurait être plus précis. Cette lucidité inflexible et sereine est celle d’Alain Borne, un poète trop peu connu, né en 1915, dans l’Allier, et dont la famille...
Évidences noires
Derrière le panorama des villes démantelées, J.-Y. Jouannais sonde l’origine guerrière de la littérature. De la ruine comme trompe-l’œil.
C’est ce qui affleure entre raison et folie, ce qui se joue sur la limite entre réalité et fiction qui passionnent Jean-Yves Jouannais. Après avoir interrogé dans Artistes sans œuvres (Hazan, 1997) la démarche d’artistes ayant choisi de ne pas extérioriser leur travail par la délivrance d’un produit, et après s’être intéressé – dans L’Idiotie – aux artistes comme aux figures fictionnelles qui...
Les sillons du temps
En évoquant, à travers la voix d’une sorte de double, ce que fut la société agraire traditionnelle, Jean-Loup Trassard ressuscite l’intime paysan.
Poursuivant son combat pour ralentir l’oubli et sauver un peu de la mémoire agricole, Jean-Loup Trassard nous livre aujourd’hui les souvenirs d’un homme dont la vie fut vouée à la terre. Ce sont ceux d’un cultivateur qui a cédé la ferme à son fils depuis plusieurs années et qui évoque les petits travaux qui l’occupent encore, parmi lesquels l’entretien des haies. Des travaux qui n’ont rien à...
Rêveur de steppe
La houle sèche de folles chevauchées hante les stances caracolantes d’un Pascal Commère en retour
de Mongolie. Le titre claque comme le fouet qu’il désigne dans la rude langue étrangère des cavaliers mongols. Il coiffe un livre né d’un séjour en Mongolie, d’un vieux rêve de steppe « en son dénuement altier », de lune « dans l’œil du loup », de vie nomade et de galops aux côtés de ces cavaliers du vent dont la course semble n’être qu’exaltation de la liberté. Un ailleurs auquel invite la citation...
de Mongolie. Le titre claque comme le fouet qu’il désigne dans la rude langue étrangère des cavaliers mongols. Il coiffe un livre né d’un séjour en Mongolie, d’un vieux rêve de steppe « en son dénuement altier », de lune « dans l’œil du loup », de vie nomade et de galops aux côtés de ces cavaliers du vent dont la course semble n’être qu’exaltation de la liberté. Un ailleurs auquel invite la citation...




