La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Écrire ne sait pas lire
Est-ce parce que c’est perdue qu’elle écrit, que la poésie de Caroline Sagot Duvauroux offre à la bouche le souffle du nouveau ?
Le dernier livre de Caroline Sagot Duvauroux commence par une fin, celle de l’homme qui incarna pour elle « la force et la faiblesse d’amour ». Autour de la finale de son prénom – (Mich)EL – vont cristalliser des gestes, des souvenirs, des élans, des images, des échos de conversation. « Il dit entre nous rien ne sera plus nommé. elle dit ce que je ne comprends pas m’émerveille. (…) elle dit...
Harmonies secrètes
Lire Gabrielle Wittkop, c’est retrouver la beauté d’une écriture puisant sa sève dans la plus obscure des nuits pour mieux célébrer les ruses du destin.
Elle alliait la pensée la plus libre au goût le plus raffiné, préférait les tigres aux enfants, dessinait comme jadis et trouvait les morts plus calmes que les vivants. Un sens de l’insoumission sensible et de l’altérité que Gabrielle Wittkop, née à Nantes, en 1920, a mis au service d’une écriture mariant l’élégance classique à la jubilation d’une langue gorgée de sucs. Très jeune, elle lut...
Courbet et ses demoiselles de Frédéric Arnould
Élégant, accompli, le petit livre que Frédéric Arnould consacre aux Demoiselles de Courbet (1819-1877). Son but : montrer combien la représentation du corps féminin, dans l’œuvre de Courbet, participe certes d’une recherche esthétique mais surtout d’une démarche visant à libérer l’image de la femme des conventions qui la musèlent comme des règles et des préjugés qui assujettissent son corps....
Fratrie nocturne
Rouges roses de l’oubli, Ombres d’amours en rêve, Du Paradis, titres des précédents livres de Corinne Bayle – par ailleurs auteur d’une biographie de Nerval (Aden, 2008) – donnent le ton. Beauté, mélancolie, élégance, ils indiquent la substance sensible d’une voix, la nostalgie d’une enfance toujours vive. Une enfance de princesse errante, éprise de liberté, amoureuse déjà de la lecture, de...




