La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Matière de vertige
Poursuivant la quête de ce qui, dans la parole, défaille à dire, la poésie d’Esther Tellermann recèle des beautés de sonate étouffée.
Brûlante de présences calcinées, inquiète, offerte, lacérée de silences la poésie d’Esther Tellermann. Trouée par l’énigme, tramée de tourments, hantée par ce qui fut autant que par ce qui aurait pu être, elle creuse, déplace, convoque, s’écrit à même le sol sombre de la perte ou le sable de la mémoire. Un dire qui s’épelle sur fond de dissonance, d’éclats, d’appels, de jouissance équivoque....
Des livres
Perséphone 2014
de
Gwenaëlle Aubry
Lazare mon amour
de
Gwenaëlle Aubry
La voix de la chair
De vérités abruptes en instants fondateurs, c’est le point d’ajustement de l’écriture et de la géométrie amoureuse que traque Gwenaëlle Aubry. Fascinant.
On entre dans le mythe comme on entre dans le risque. En s’envoûtant soi-même. « Pour entrer dans le mythe, je suis passée par la bouche, le sexe, la tête d’un homme. [Perséphone] il la connaissait bien, il m’a offert son portrait. » Ce détail – pour qui a de la mémoire – nous renvoie au tout premier livre de Gwenaëlle Aubry, Le Diable détacheur (1999, réed. Mercure de France, 2012), et à...
Les Vieux ne pleurent jamais de Céline Curiol
S’il y a un parcours biologique obligé, une inéluctabilité chronologique, la vieillesse n’est pas forcément un naufrage. Elle pose plutôt le problème de la limite, de cet entre-deux entre ce qui fut et ce qui sera. Lieu des incertitudes et des convergences folles, la vieillesse consiste trop souvent à envisager l’avenir du point de vue du souvenir alors qu’éprouver encore ce qui flatte et...
Le théâtre de l’extase
De quoi jouissaient les saintes qui montraient leur âme en se dévoilant ? C’est ce secret que s’attachent à percer les dessins d’Ernest Pignon-Ernest et les textes d’André Velter.
Elles se nomment Hildegarde, Angèle, Catherine, Marie ou Thérèse, toutes ces femmes souvent considérés comme folles avant d’être béatifiées. Dévorées par le désir de l’absolu, emplies de visions ou vouées à l’éperdu, ces saintes, qui ont nourri l’imaginaire des peintres et fasciné tant d’écrivains, incarnent jusqu’au sublime l’insatiable soif de ce qui est au-delà. Elles sont « de chair et...



