La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Fantassin de l’impossible
Entre réalisme et fantastique, Jérôme Lafargue donne âme et visage à l’esprit de lieux balançant continûment entre le merveilleux et l’angoissant.
À l’art d’intriguer, Jérôme Lafargue joint le sens de l’insolite. D’où des romans qui se prêtent à des lectures aventureuses et délicieusement inquiètes. Le Temps est à l’orage, son cinquième roman, ne déroge pas à la règle. Il se développe autour de l’idée que « voir, se représenter, et peut-être savoir, ou même penser, ne sont pas des affaires exclusivement humaines » ainsi que le suggère...
L’appel de la forêt
Avec Les Grands Cerfs, l’histoire d’une initiation doublée d’un émerveillement, Claudie Hunzinger nous offre un livre de grand air, un hymne à la nature et une ode à la liberté.
Claudie Hunzinger a l’art de saisir les choses dans l’éclat de leur apparition et l’aura de l’instant. Elle sait ancrer l’écriture dans la réalité sensorielle immédiate et ce à partir de son expérience profonde d’un monde qu’elle a voulu, avec son mari, lorsqu’au milieu des années 1960, ils décidèrent de vivre dans une ancienne métairie de montagne, « sans eau courante, sans chiottes, sans...
La lettre et la blessure
Réfractaire aux morales médiocres, la poésie d’Esther Tellermann défait les idéalisations, déplace les croyances, chante, bouche à bouche, plaie à plaie, ce qui lie la parole au monde.
Il faudrait pouvoir dire la beauté fractale de la poésie d’Esther Tellermann, son altérité, sa pulsation singulière. Dire ce qu’elle a d’intransigeant dans son tissage d’indices et d’énigmes. Une poésie où quelque chose d’inconnu respire, qui aurait à voir avec ce qui se cache sous le visible.
Privilégiant l’os du langage plutôt que sa chair et ses parures, vouée au vers minimal, hiératique,...
De toute beauté
Un choix de textes de quatre-vingts auteurs, de l’Antiquité à nos jours, pour tenter de cerner le mystère de la beauté.
Il y a un certain panache à vouloir parler de la beauté à une époque qui a tendance à la nier et à l’avilir au point que plus personne ne sait ce qu’elle est. D’où l’intérêt du choix de textes qu’a réunis Frédéric Brun, le créateur des éditions Poesis, autour de cette notion de beauté. Couvrant vingt siècles de réflexions sur un plan esthétique, philosophique ou poétique, ce choix se décline...




