La rédaction Patrick Gay Bellile
Articles
Une vache pour tout bagage
Catherine Monin met en scène l’histoire forte d’une rencontre et d’un vivre-ensemble avec un animal.
Merveille, c’est d’abord une langue. Précise, parfois crue, tendre et poétique, malaxant le vocabulaire et la syntaxe. Une langue d’images et d’émotions qui nous dit une façon de voir le monde, une façon même d’être au monde. D’être attentif au monde. De le découvrir. D’affronter ses épreuves et d’en être parfois émerveillé. Merveille, c’est aussi une vache, une parmi les 26 d’un troupeau qui soir et matin passent à la trayeuse pour donner leur lait. De celles dont on dit qu’elles regardent passer les trains, dans un accès fiévreux d’anthropomorphisme. Et Merveille, c’est donc une pièce...
La violence, inlassablement
Veronika Boutinova jongle avec l’Histoire et les anachronismes pour montrer que finalement rien ne change jamais.
En 2017, à l’occasion des commémorations de la Première Guerre mondiale, Veronika Boutinova écrit Jelena, juste une fois !, un texte qui raconte par le menu l’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914. Ce jour-là, un jeune militant nationaliste serbe, Gavrilo Princip, tue l’archiduc d’Autriche Franz Ferdinand, héritier du trône, et sa femme Sophie, lors de leur visite dans la capitale de la...
Tableaux noirs
Céline Delbecq cherche dans l’enfance les racines de la violence conjugale.
Cela fait des années maintenant que Céline Delbecq nous touche avec des textes pointus, comme tirés au cordeau, des textes clairs, vifs, rapides, avec toujours un point de vue et un objectif qui éclatent dès les premières lignes. Les Yeux noirs n’échappe pas à la règle. Il s’agit d’un « triptyque pour un acteur et une actrice ». Trois textes donc. Deux très courts, « Phare » et « La nuit est...
Mourir d’aimer ?
Gérard Watkins dresse un implacable réquisitoire contre les violences faites aux femmes.
Cela commençait bien pourtant. Deux belles histoires d’amour. Liam rencontre Rachida par hasard, devant la porte fermée d’un immeuble de banlieue. Il est un jeune qui galère, comme on dit, issu d’un milieu peu favorable, et pour qui quand il y a un problème, il faut être expéditif : « quand c’est des fils de pute y’a pas à gérer – en face des fils de pute y a juste à les défoncer. » Après...
Si les pauvres n’existaient pas, faudrait les inventer
Sous un titre qui annonce la couleur, Jérôme Richer promène un personnage à l’identité changeante à travers toutes les formes que prend la pauvreté dans un pays, la Suisse, dont la Constitution précise : « La force de la communauté se mesure au bien-être du plus pauvre de ses membres ». Il sera tour à tour Anton, Antoine, Antonio, Antonia, Antonella, Antoinette. Anton naît d’une relation...





