La rédaction Julie Coutu
Articles
Celle que tu vois de Catherine Prasifka
Catherine Prasifka raconte à la deuxième personne du singulier et l’effet est immédiat. Son héroïne est comme immergée dans nos vies. Elle nous raconte, on lui parle, elle est là, incontournable. On la rencontre à 7 ans, caméscope à la main, au seuil d’une découverte qui s’apprête à orienter le reste de son existence. Elle filme la plage, elle s’éloigne, elle pose, elle visionne les images. « La seule chose que tu sais, c’est que tout ce que tu filmes, ça devient autre chose que la vraie vie. » Et puis, arrivée d’un ordinateur à la maison. Des recherches de chats mignons sur Internet,...
Ombres du veld
Ni véritablement roman, ni précisément autobiographie, Rivière fantôme peut prétendre au titre de Mémoires, les souvenirs passés au prisme du subjectif et de l’oubli, filtrés par les années, soumis à la relecture imposée par le temps. Dominique Botha, auteur-narratrice-protagoniste, se refuse d’ailleurs à figer son texte dans un genre ou un autre ; elle écrit pour faire son deuil, accepter...
Pendaison à Cinder Bottom de Glenn Taylor
On sait tout de suite que Glenn Taylor ne les pendra pas : Abe Baach et Goldie Toothman ont un truc en plus. Ils sont le Keystone Kid et la Reine, le fils du cordonnier et la fille du bordel, jeunes, beaux, amoureux, joueurs de cartes et prestidigitateurs surdoués. On ne peut pas en en dire autant du nabot Rutherford Rutherford, chef de la police, qui organise leur pendaison, la première à...
Le Monde extérieur de Jorge Franco
Fantaisiste, onirique, cruellement réel. Voilà pour le monde intérieur/extérieur de Jorge Franco dans ce conte noir sur fond de drame dans la Medellin des 70’s. Diego Echavarria, Don Diego, est enlevé par une bande de gamins des rues mal grandis, menée par Mono Riascos qui a élaboré un plan simple, pense-t-il, pour fuir avec son amant grâce à l’argent d’une rançon vite récupérée. Sauf que...
L’ombre de l’Amérique
Leroy Kervin a 25 ans, peut-être 26. Il s’est engagé dans la Garde Nationale sur le conseil de son patron : « un week-end par mois et deux semaines par an », de l’argent toujours utile et facile, aucun risque. C’était compter sans la guerre en Irak. Une « roadside bomb », un traumatisme crânien, deux bras cassés : « Il ne savait plus ni parler ni marcher. La vie qu’il avait connue n’existait...





