La rédaction Julie Coutu
Articles
Celle que tu vois de Catherine Prasifka
Catherine Prasifka raconte à la deuxième personne du singulier et l’effet est immédiat. Son héroïne est comme immergée dans nos vies. Elle nous raconte, on lui parle, elle est là, incontournable. On la rencontre à 7 ans, caméscope à la main, au seuil d’une découverte qui s’apprête à orienter le reste de son existence. Elle filme la plage, elle s’éloigne, elle pose, elle visionne les images. « La seule chose que tu sais, c’est que tout ce que tu filmes, ça devient autre chose que la vraie vie. » Et puis, arrivée d’un ordinateur à la maison. Des recherches de chats mignons sur Internet,...
Anatomie d’un soldat de Harry Parker
Comme un cabinet de curiosités, tout entier consacré à l’histoire d’un homme. Le capitaine Tom Barnes, matricule BA5799, opère en Afghanistan quand il marche sur un Engin Explosif Improvisé. Rapatriement immédiat, opérations multiples, puis amputation des deux jambes. L’histoire de Harry Parker ressemble à celle-ci. Le 18 juillet 2009, au retour d’une patrouille nocturne, il choisit de faire...
La mémoire neuve
Avec Le Garçon, le conte d’apprentissage de Marcus Malte se fait histoire hypnotique.
Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Il ne connaît rien d’autre que cette femme, sa mère, et leur cabane, sa cour et son enclos. Un jour, la mère meurt. Livré à lui-même, dans ce monde dont il ignore tout, il va lui falloir découvrir, apprendre. Approcher les hommes, lui, l’enfant sauvage qui ne sait rien des codes en usage dans cette société dite civilisée. Les premières rencontres sont...
Retour au port
Rythme lent, temps qui s’étire : la promenade s’allonge. Une histoire de brume. « Elle arrive de la mer et longe la langue de terre. C’est toujours ainsi en été, elle avance, vient se tapir au pied des collines derrière lesquelles elle jette un œil, entre dans le village où elle lèche les angles des maisons, puis se lève suffisamment pour que je puisse épier aux fenêtres ». Ce soir la chorale...
Sombre vallée de Thomas Willmann
La grande force de Sombre vallée réside d’abord dans son atmosphère : Thomas Willmann prend son temps pour poser une ambiance étouffante à souhait. Puis il y a le sens narratif : tout arrive au bon endroit, au bon moment. L’intrigue est parfaitement maîtrisée et le texte dégage un impressionnant sentiment d’oppression et de puissance au service de la colère et de la vengeance, qui forment la...





