La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Kontroll des estomacs
Antoine Dreyfus nous révèle la politique de l’alimentation des nazis, et en quoi nous en avons hérité. Instructif et dérangeant.
Français ou américain, le cinéma comique d’après-guerre a caricaturé le nazi en gros consommateur de choucroute et de bière, façon folklore bavarois. C’est « Papa Schultz » incarné par Francis Blanche dans Babette s’en va-t-en-guerre (1959), ou John Banner, friand de strudels, dans son remake hollywoodien Stalag 13 (1965), une sitcom en six saisons. Dans les deux versions, le SS est en surpoids et pas très futé, c’est un sergent Garcia mais fridolin. Méconnue, l’histoire de ce que mangeaient les nazis est plus complexe et troublante que ce cliché. Journaliste, Antoine Dreyfus, remarqué...
Le Tram de Noël de Giosuè Calaciura
Tout comme Idiotie permit la découverte de Pierre Guyotat par le grand public, Borgo Vecchio a rendu le même ironique service à l’auteur de Malacarne et de Passes noires, premiers romans violents, transgressifs, et qui bousculaient la langue. Illustré par le peintre Gérard DuBois et placé sous l’autorité de Dickens, un conte de Noël lisible par tous confirme cette tendance de l’écrivain...
Kurtz de Jean-Marc Aubert
Ça n’est pas l’ombre de Moi et Lui de Moravia, où le narrateur bavarde avec son zizi durant 500 pages, qui plane sur ce court et très tendu roman de Jean-Marc Aubert, mais celle d’Au cœur des ténèbres de Conrad. Le nom de Kurtz, en effet, y devient celui que donne à son membre le très patient héros de l’histoire, ce pour conquérir le cœur et surtout le cul de Laure, fan de Conrad qu’elle...
Métaphysique et comédie du rien
Sous des allures de polar loufoque, un subtil roman philosophique dans un décor à la Dhôtel.
Leibniz, à la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », répondait Nihil est sine ratione, « Rien n’est sans raison ». Ainsi le « principe de raison suffisante » suffit-il à ne pas désespérer devant l’absurdité et l’injustice du monde. Julius Dump, « écrivain calamiteux », vient à Puttigny dans l’idée d’« écrire une bonne histoire ». Rien de tel que la campagne. Las :...
Écrivains à vendre
Un essai dense et corrosif sur le marché du livre par un universitaire et écrivain suisse.
Dans son Philosophes à vendre, Lucien de Samosate imaginait une vente aux enchères des auteurs initiée par Zeus lui-même. Deux mille ans plus tard, le Dieu des dieux, c’est le « marché global », dans un contexte de crise de la librairie où la baisse des ventes contraint les éditeurs à publier plus, mais en plus petits tirages et avec une rotation plus rapide des titres. Si bien, déplore...





