La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Kontroll des estomacs
Antoine Dreyfus nous révèle la politique de l’alimentation des nazis, et en quoi nous en avons hérité. Instructif et dérangeant.
Français ou américain, le cinéma comique d’après-guerre a caricaturé le nazi en gros consommateur de choucroute et de bière, façon folklore bavarois. C’est « Papa Schultz » incarné par Francis Blanche dans Babette s’en va-t-en-guerre (1959), ou John Banner, friand de strudels, dans son remake hollywoodien Stalag 13 (1965), une sitcom en six saisons. Dans les deux versions, le SS est en surpoids et pas très futé, c’est un sergent Garcia mais fridolin. Méconnue, l’histoire de ce que mangeaient les nazis est plus complexe et troublante que ce cliché. Journaliste, Antoine Dreyfus, remarqué...
Les très riches heures de Richard le Gallois
Où Richard Burton (1925-1984), loin du mythe, se montre un diariste érudit, curieux de tout et en recherche permanente de soi.
Né Richard Jenkins dans un bled gallois, douzième d’une famille de treize enfants, fils de sa mère morte quand il avait 2 ans et de son « douze-pintes-par-jour » de père mineur de fond, élevé par une grande sœur et instruit par son mentor Philip Burton dont il prendra le nom, « Rich » a tenu un journal dès l’âge de 14 ans. De l’édition des Diaries en 2012 par l’Université de Yale, Séguier...
Marcher à l’étoile
antoine choplin signe Un roman géographique, écrit dans une langue limpide, qui touche à l’universel.
Il y a parfois, entre deux écrivains, une complicité telle que lisant l’un on y retrouve l’écho de l’autre, un air de famille, tant ils avaient l’habitude de dialoguer dans la vie mais aussi par livres interposés. Ainsi d’Antoine Choplin et de Hubert Mingarelli, tous deux romanciers du paysage, Isérois amoureux de leurs montagnes, et amis. Si bien que ces deux-là avaient écrit un roman à...
Rivière sans retour
Un roman élémentaire de Grégoire Domenach, où le feu des passions le dispute au secret des eaux.
Sa couverture – pastels bleus et verts – qui montre en trois schémas le franchissement impeccable d’une écluse par une péniche, pourrait malicieusement tromper son lecteur : Entre la source et l’estuaire, sous les airs d’une paisible histoire de marins d’eau douce, est en fait un roman noir dans lequel volera en éclats l’ambiance paresseuse de bords de rivière qu’avait pris soin d’installer...
Dans le miroir de courtoisie
Par le détour d’un hommage aux lieux habités, aux livres aimés, aux amis disparus, le philosophe Giorgio Agamben compose son propre portrait en creux.
On connaît ce discret équipement des habitacles automobiles : installé « à la place du mort », qui abaisse le pare-soleil y trouvera le miroir dit « de courtoisie ». On y vérifie sa coiffure, son maquillage ou son nœud de cravate, et l’on y regarde sans se retourner la personne, sur la banquette arrière, avec qui l’on converse. Mais elle aussi nous regarde, lit la partie supérieure de notre...





