La rédaction Jérôme Delclos
Articles
Kontroll des estomacs
Antoine Dreyfus nous révèle la politique de l’alimentation des nazis, et en quoi nous en avons hérité. Instructif et dérangeant.
Français ou américain, le cinéma comique d’après-guerre a caricaturé le nazi en gros consommateur de choucroute et de bière, façon folklore bavarois. C’est « Papa Schultz » incarné par Francis Blanche dans Babette s’en va-t-en-guerre (1959), ou John Banner, friand de strudels, dans son remake hollywoodien Stalag 13 (1965), une sitcom en six saisons. Dans les deux versions, le SS est en surpoids et pas très futé, c’est un sergent Garcia mais fridolin. Méconnue, l’histoire de ce que mangeaient les nazis est plus complexe et troublante que ce cliché. Journaliste, Antoine Dreyfus, remarqué...
De « l’art de foutre le bordel »
Un canular politique sorti des années de plomb, possiblement commis par un ex-situationniste italien. Réédition.
C’est un livre à l’histoire éditoriale encombrée. Imprimé anonymement en 1983 à Vérone, puis en 1989 sous le nom de « Gianni Giovannelli » révélé par Allia qui réédite aujourd’hui sa traduction française, Le Secret c’est de tout dire !, en dépit de son titre, continue de se taire sur l’identité de son auteur. Notons que ce « Gianni Giovannelli », qui certes écrit encore, de nos jours, sur le...
Adieu, c’est toi que j’aime… plus
Le sentiment tragi-comique de la vie, par l’écrivain espagnol Manuel Vilas.
Vu de France, l’Ibère est tourmenté. Son système nerveux, tendu comme une corde de guitare, le porte vers la rumination de la mort, l’esthétique du sang, le chorizo. Ses humeurs, à l’image de l’obscur duende célébré par Lorca, nous sont intraduisibles. Et il faut au lecteur français commencer par crever ce brouillard d’exotisme, épaissi par le choix de l’éditeur de ne pas traduire le titre...
Tresser le fil de la langue
Quatre textes inédits de julien Gracq en sentinelle nocturne demandant, encore, « qui vive ? »
En littérature, toute description est chemin » (En lisant en écrivant). Dans Nœuds de vie, cahier d’inédits (non datés) retrouvé dans les collections de la BNF, le chemin qui traverse les quatre sections composant le livre est à la fois familier et ardu au lecteur. Familier, parce qu’il y reconnaît nombre des thèmes de Gracq, y éprouve des impressions de déjà-vu le ramenant à d’autres de ses...
La Vie extraordinaire de mon auto de Alain Fleischer
En dépit du bandeau qui exhibe sa photo, la « Viktorie Type A de 1939 » existe-t-elle ? Faut-il donner un prénom, Titine ou Poupette, à son auto, ici « Vikie » ? Et pourquoi diable si souvent féminin ? Une automobile – cette sorte d’animal qui se meut par soi-même – a-t-elle une âme ? Y en a-t-il de « mâles » et de « femelles » ? Le narrateur de La Vie extraordinaire de mon auto est-il digne...





