La rédaction Jean Laurenti
Articles
L'œuvre au soir
L’ultime volume du Journal de Charles Juliet (1934-2024) composé à partir des fragments laissés à son éditeur rend compte d’un cheminement à l’approche de son terme. Une aventure humaine et une œuvre ouvertes à chacun.
La onzième livraison du Journal de Charles Juliet clôt une entreprise littéraire dont la matière, au long des décennies qu’elle accompagne, est indissociable de la vie même de son auteur. Comme témoignage, peut-être, mais avant tout comme recueil du mouvement de cette vie, de son souffle ténu que les mots auront fidèlement restitué, sans jamais rechercher l’effet, la séduction. Le murmure pour tenter de dire la nature profonde des choses, plutôt que l’affirmation assénée.
Titré Mes meilleures années, ce Journal XI est accompagné de la mention « Fragments ». Charles Juliet est mort au...
Douleurs de l’absence
En grande partie inédite, la correspondance de Tsvetaeva et Pasternak éclaire dans une langue incandescente l’histoire d’un amour grandi dans l’impossible rencontre.
Une passion amoureuse, au sens d’un chemin d’extase et de douleur qui s’achèvera pour l’un des protagonistes en un insoutenable sentiment de solitude et d’abandon. La correspondance de Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak épouse durant quatorze années la courbe fatale d’un amour qui s’enracine dans une pure admiration littéraire pour rapidement devenir fusion de deux êtres engagés dans une...
Un livre
Mes trains de nuit
de
Eric Faye
Ce qu’on voit des trains
Éloge de la lenteur, méditation sur le temps et les paysages enfuis, le livre d’Éric Faye invite à un voyage sans destination, au gré des aiguillages de la mémoire.
Il y a plus d’un livre dans Mes trains de nuit. Disons qu’il y en a au moins deux : celui du voyageur qu’on se représente assis, faute de mieux, sur son siège d’où il implore les divinités ferroviaires de lui accorder un peu de sommeil ou, sous l’apparence du chanceux allongé sur une couchette de wagon-lit et de ce fait un peu plus certain d’être exaucé ; il y a le livre aussi de celui qui,...
Un auteur
Les sots d’hommes de loi
Chronique judiciaire d’une condamnation annoncée : le procès intenté par Oscar Wilde pour préserver son honneur sera le début de son chemin de croix.
Étrange sensation que celle qui accompagne la lecture des comptes rendus d’audience d’un procès qui s’est tenu en 1895 et dont les prolongements seront la déchéance publique d’Oscar Wilde, deux ans d’emprisonnement pour homosexualité et peu de temps après, sa mort. Étrange sensation que celle d’être introduit au cœur d’un événement tragique dont on ne connaissait que des échos apocryphes et...
Un livre
L' Art de la joie
de
Goliarda Sapienza
Sicile impératrice
Un demi-siècle de combat sans répit pour accéder à la liberté et à la connaissance de soi : écrivant la vie d’une femme hors du commun, Goliarda Sapienza façonne un écrin romanesque torrentiel et baroque.
S’engageant dans un roman et a fortiori si son auteur est inconnu de lui, le lecteur est souvent tenté de rassembler autour du livre une famille littéraire accueillante et d’en scruter les visages afin d’établir les parentés, filiations et affinités capables de baliser sa lecture. Avec L’Art de la joie, il n’est pas sûr de parvenir à établir les connexions espérées. Née à Catane en 1924,...


