La rédaction Jean Laurenti
Articles
L'œuvre au soir
L’ultime volume du Journal de Charles Juliet (1934-2024) composé à partir des fragments laissés à son éditeur rend compte d’un cheminement à l’approche de son terme. Une aventure humaine et une œuvre ouvertes à chacun.
La onzième livraison du Journal de Charles Juliet clôt une entreprise littéraire dont la matière, au long des décennies qu’elle accompagne, est indissociable de la vie même de son auteur. Comme témoignage, peut-être, mais avant tout comme recueil du mouvement de cette vie, de son souffle ténu que les mots auront fidèlement restitué, sans jamais rechercher l’effet, la séduction. Le murmure pour tenter de dire la nature profonde des choses, plutôt que l’affirmation assénée.
Titré Mes meilleures années, ce Journal XI est accompagné de la mention « Fragments ». Charles Juliet est mort au...
Un auteur
Capter la surface des choses
En s’interrogeant sur la matière même de son travail, Laurent Mauvignier énonce une éthique de la création littéraire. Dans cet entretien, il nous en livre les lignes essentielles.
Chez Laurent Mauvignier, l’écriture est inséparable d’une réflexion sur sa substance, sa finalité. On le savait romancier de l’intime, observateur attentif des tourments des êtres dont ses livres restituent le cheminement de la pensée, dans une prose qui en épouse les infinies variations. Comme les précédents, son dernier livre, Dans la foule, offre aux personnages un espace où puissent se...
Un auteur
En un combat coûteux
Rien ne prédisposait Laurent Mauvignier à entrer en littérature. Rien n’aurait pu l’empêcher de s’engager dans l’œuvre exigeante qu’il s’emploie à bâtir depuis près de dix ans. De livre en livre il porte le fer de l’écriture dans le silence des vies ordinaires pour qu’en surgisse et se déploie une parole juste. Pour qu’ainsi puisse se dire le monde de la seule façon qui vaille : à hauteur d’homme.
On aura longuement discuté de tout et de rien, de la rentrée dite littéraire et des ingrédients qui font la réussite d’une carbonara. Du temps qu’il faut pour faire des livres et de celui, d’une tout autre nature, où se joue leur chance d’exister. Et puis, à s’attarder autour de la table, à revenir sur les mérites respectifs du clairet de Bordeaux et du rosé de Provence, on se sera rendu...
Un livre
Les Quinze mille pas
de
Vitaliano Trevisan
Penser sans compter
S’efforcer de porter un regard lucide sur le monde, dénouer au péril de sa raison les fils familiaux : les trajets de son personnage et la quête de vérité qu’ils portent sont la matière du récit inquiétant de Vitaliano Trevisan.
Quiconque, par un de ces jours d’ennui qui peuplent le temps de l’enfance, s’est attelé à mesurer avec ses pas une longueur de trottoir en s’astreignant à ne marcher que sur la bordure, sait ce que cette tâche requiert de sérieux et de rigueur. Il sait aussi combien elle est propice au déferlement de la pensée, à une bousculade d’idées et de réflexions qui, prenant prétexte d’une fissure dans...
Un auteur
Travaux des jours
À côté de ceux dans lesquels il note la substance de ses lectures, Pierre Bergounioux emplit depuis 1980 des cahiers de la matière même du quotidien : actes, paroles, pensées. Les éditions Verdier en publient une première livraison qui porte sur une décennie.
Depuis plus de vingt ans, Pierre Bergounioux, né à Brive en Corrèze en 1949, bâtit une œuvre singulière et exigeante. De Catherine, son premier récit, publié par Gallimard en 1984, à Back in the sixties paru chez Verdier en 2004, en passant par Ce pas et le suivant, Miette, L’Orphelin ou encore Le Premier Mot, il creuse un même sillon au long duquel chaque livre constitue un jalon. Il s’agit...



