La rédaction Jean Laurenti
Articles
L'œuvre au soir
L’ultime volume du Journal de Charles Juliet (1934-2024) composé à partir des fragments laissés à son éditeur rend compte d’un cheminement à l’approche de son terme. Une aventure humaine et une œuvre ouvertes à chacun.
La onzième livraison du Journal de Charles Juliet clôt une entreprise littéraire dont la matière, au long des décennies qu’elle accompagne, est indissociable de la vie même de son auteur. Comme témoignage, peut-être, mais avant tout comme recueil du mouvement de cette vie, de son souffle ténu que les mots auront fidèlement restitué, sans jamais rechercher l’effet, la séduction. Le murmure pour tenter de dire la nature profonde des choses, plutôt que l’affirmation assénée.
Titré Mes meilleures années, ce Journal XI est accompagné de la mention « Fragments ». Charles Juliet est mort au...
Un auteur
Leur part d’ombre
En mettant en scène des partisans contre l’occupant nazi, Elio Vittorini se livre à une méditation aux résonances poétiques sur les sources de l’oppression.
Parmi les nombreuses conversations qui sont la matière première du roman d’Elio Vittorini (1908-1966), il en est une qui bruisse d’une façon que le lecteur pourra difficilement oublier. À Milan, en ce mois de janvier particulièrement clément de l’année 1944, des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards sont allongés sur les trottoirs après avoir été exécutés en représailles aux...
Un livre
Je hais les dormeurs
Illustration(s) de Béatrice Cussol
de
Violette Leduc
Tombeau du dormeur
On a un peu oublié Violette Leduc (1907-1972) aujourd’hui, cette orfèvre des mots qui fut l’amie de Simone de Beauvoir. Sa prose est constamment portée par des images inattendues qui transfigurent la réalité, lui donnent une matérialité insolite. Je hais les dormeurs, court texte qui appartient à un récit intitulé Ravages (largement autobiographique, comme la majeure partie de l’œuvre), a...
Un livre
Mon coeur à l’étroit
de
Marie NDiaye
Face au tableau noir
Dans ses romans, Marie NDiaye cherche à capter la part d’étrangeté qui gît au fond des vies en apparence tranquilles, toujours guettées par le dérèglement. Nouvelle variation avec « Mon cœur à l’étroit ».
Certains d’entre nous consacrent une bonne part de leur énergie à se bâtir une vie enviable, désirable. Ils s’efforcent d’accéder à la reconnaissance professionnelle, de se parer de maints signes extérieurs de distinction sociale, ou de signes plus subtils encore parce que décelables par les seuls initiés, des options intellectuelles, voire spirituelles qui les élèvent au-dessus de la masse...
Un livre
Horizon fantôme
de
Wojciech Kuczok
Folie des foules
Dans cet ensemble de récits brefs dont la gravité est teintée d’humour, Wojciech Kuczok cherche à saisir le moment où la folie vient bousculer ou bouleverser la routine des vies quotidiennes.
Il est bon qu’on nous rappelle de temps en temps que la vie est une farce. Tragique, certes, mais tout ça n’est pas si grave et après tout on sait bien comment l’histoire finira. Wojciech Kuczok nous propose une série de variations sur les abîmes au bord desquels nous marchons, nous tous que des vents contraires menacent sans cesse de faire basculer.
Ce recueil de nouvelles est le deuxième...

