La rédaction Etienne Leterrier-Grimal
Articles
Des livres
Canne
de
Jean Toomer
Feu !!
Harlem in fire
Deux textes réédités chez Ypsilon illustrent l’audace moderniste et la force poétique de la Harlem Renaissance : un feu qui couve des champs de canne à sucre de Géorgie jusqu’aux trottoirs de New York.
Le premier, Canne est un roman qui n’en est pas vraiment un. L’autre, Feu ! Harlem 1926 est une revue périodique signée par des noms comme Langston Hughes, ou Zora Neale Hurston… qui n’aura jamais connu qu’un seul numéro. Cela suffit à dire sous quel régime de fragilité éditoriale et avec quelle puissante incandescence se sont énoncées à l’époque les propositions contenues dans ces pages. Trois années seulement les séparent, mais elles suffisent à faire entendre deux moments d’une même secousse : l’émergence d’une modernité noire américaine, à la fois poétique et politique, à la fois...
Un livre
Nema problema (suivi de) Pessah / Passage
de
Laura Forti
La mire et l’ombre
23 ans, le jeune photographe italien qui se confesse, dans Nema Problema de Laura Forti, s’est vu forcé de remplacer un jour de 1992 la mire de son Nikon par celle d’un fusil d’assaut. Enrôlé dans les troupes croates qui se rendaient sur le front des Balkans, il a assisté aux horreurs qui parsèment « l’enfer de la Bosnie », traversé des tueries, tué à son tour, tissé des amitiés et brisé des...
Un livre
A la tombée de la nuit
de
Peter Turrini
Pièce à conviction
Peter Turrini fait tomber les masques de la société carinthienne, dévoilant confusion des valeurs et relents du nazisme.
Lundi 21 septembre 1959, dans un village autrichien du sud de la Carinthie, une grande bâtisse blanche aux fenêtres grillagées de ferronneries baroques : la Tonhof. C’est là que le compositeur Gerhard Lampersberg et la soprano Maja Weis-Ostborn ont rassemblé de 1956 jusqu’au milieu des années 1960 quelques-uns des plus importants représentants de l’avant-garde autrichienne : d’abord les...
Un livre
Journal volubile
de
Enrique Vila-Matas
Journal
J’ai trouvé un public pour pouvoir parler à ma guise et j’ai commencé par dire que mon rejet d’une identité personnelle (mon désir de n’être personne) n’était pas uniquement une attitude existentielle pleine d’ironie mais plutôt le thème central de mon œuvre. « Tout est dit : lorsque Vila-Matas se fait » diariste volubile ", c’est - comme toujours chez lui - dans la variété de ses humeurs, au...
Des livres
Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ? : Pitié, redondance et considération tragique
Illustration(s) de Eduardo Houth
de
Howard Barker
La Mort, l’unique et l’art du théâtre
de
Howard Barker
Howard Barker l’irréductible
Deux textes rendent grâce à l’infracassable noyau de son théâtre et en célèbrent, à mots discontinus, le tragique.
Les spectateurs ayant assisté aux représentations de Gertrude, Tableau d’une exécution, Les Européens ou Le cas Blanche-neige, au Théâtre de l’Odéon auront peut-être pu apercevoir parmi la foule un homme à l’élégance trop stricte pour ne pas être grinçante : Edward Barker en personne, venu assister à la représentation de ses pièces au théâtre qui l’a sans doute le plus mis à l’honneur cette...
