La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
Un livre
La Forêt de Porphyre
de
Cécile Mainardi
Toute première fois
En dehors d’un premier recueil de poèmes très confidentiel, on peut considérer La Forêt de Porphyre comme le premier livre de cette jeune poétesse, pensionnaire de la Villa Médicis il y a peu, et dont le nom a parcouru régulièrement les sommaires des revues Po&sie, Java ou Nioques. Issus de projets de performances réalisables, dans le droit fil de ce que l’on peut appeler, avec Christian...
Un livre
Je te continue ma lecture (textes réunis)
de
Francis Cohen
,
Michèle Cohen-Halimi
Les bras nus
Entre 1972 et 1997, le poète Claude Royet-Journoud a publié une tétralogie dont l’écriture oscille entre physique mentale et abstraction du corps. Bilan d’une démarche singulière, proposé par d’autres poètes.
On ne sait pas grand-chose de Claude Royet-Journoud. En dehors de ses livres, dont les quatre volumes d’une tétralogie forment le corps principal (Le Renversement, 1972 ; La Notion d’obstacle, 1978 ; Les Objets contiennent l’infini, 1983 et Les Natures indivisibles, 1997) et de ses traductions et anthologies (entre autres, avec Emmanuel Hocquard, 21 + 1 poètes américains d’aujourd’hui, éd....
Un livre
Cahiers de Voronej
de
Ossip Mandelstam
Fureur et mystère
Déporté dans un camp sibérien, Ossip Mandelstam y meurt d’épuisement le 27 décembre 1938. Les Cahiers de Voronej, publiés intégralement, sont ses derniers poèmes : l’ultime quartz de lumière d’un météore.
Le poète russe Ossip Emilevitch Mandelstam, né à Varsovie en 1891, fait parti des sacrifiés de l’Histoire, de ces hommes à avoir été nus dans un siècle que la barbarie n’a cessé d’entacher. Son audace, sa droiture et sa fermeté, son intransigeance, ne l’auront pas épargné. Il aura été, toute sa vie, à découvert, quand d’autres ruminaient au coin d’un feu les plans de belles idéologies....
Celan, l’être debout
Poète juif roumain de langue allemande, Paul Celan a répondu dans un « dialogue éperdu » à la barbarie nazie, jusqu’à son suicide en 1970. Ce premier recueil en poche rend disponible cette langue, noire d’abîme.
Né en 1920 à Czernowitz, Paul Celan – de son vrai nom Paul Pessach Antschel – aura vécu ses vingt-huit premières années en Bucovine, province roumaine avant d’être annexée à l’Ukraine en 1939, puis envahie par les troupes hitlériennes en 1941. Alors que les Soviétiques s’étaient déjà rendus responsable de la déportation de quatre mille personnes en Sibérie, juifs pour les trois-quarts, les...


