La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
Un livre
Comme des pas qui s’éloignent
de
Alain Freixe
A l’ombre du frêne
Né en 1946, face au Canigou, dans la tramontane du pays catalan, Alain Freixe aime à musarder, comme il aime à le dire, entre poésie et philosophie. C’est dans ce Partage orphelin (G. Chambelland, 1981), selon le titre de son très fort premier livre de poèmes, que cet homme avance, interrogeant le ravage des lieux de vie.
Une impatience que François Bon révélait bien dans son essai du même...
L’entretien infini
Avec "endquote", le poète Yves di Manno publie le troisième volume de ses digressions. Neuf ans de réflexions sur la vie de la poésie.
La poésie, d’après la citation tirée de l’Internationale situationniste N°8 (1963) qui ouvre « endquote », métaphoriquement « fin de citation », serait le seul lieu où subsiste l’idée de « la totalité de la révolution ». La phrase frappe un peu comme un slogan, du moins comme une visée, une tâche. Elle assigne un devenir à la poésie, et la pense comme ce qui est bien le lieu d’un devenir...
Un livre
Blanc sur noir
de
Jean-Christophe Bailly
Blanc sur noir
Le poème Blanc sur noir de Jean-Christophe Bailly, écrivain et essayiste, s’étire, verticalement, sur 12 pages. Celui-ci ne saurait pourtant être un amuse-bouche. Blanc sur noir est tel quel un poème d’insomnie écrit d’une traite. Faisant écho à « L’homme poursuit noir sur blanc » de Celan, inversant les deux derniers termes, ce poème s’ouvre d’abord sur des images de neige et de charbon,...
Deguy vivant
Gisants montre que le poète travaille depuis trente ans à « mettre ensemble des choses qui n’ont pas été mises ensemble ». Fulgurant.
Il n’est pas rare de voir Michel Deguy traverser la place Saint-Sulpice à Paris, là où trois jours du mois de juin donnent à la poésie son marché. Né en 1930 à Paris, professeur de philosophie, voilà plus de trente ans que cet homme lui consacre les sept jours de chaque semaine de sa vie, qu’il s’agisse de veiller aux numéros de la revue Po&sie (Belin), de traduire -de Heidegger (Approche de...



