La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
Le parti animal
L’ouvrage du poète Nicolas Pesquès sur la peinture de Gilles Aillaud est plus qu’un essai descriptif : c’est un livre qui donne figure, de part en part.
Pour ceux qui n’auraient jamais vu une peinture de Gilles Aillaud, il est aussi facile qu’embarrassant d’en faire sentir l’atmosphère : voici un espace, au cadrage presque photographique, dans lequel un bout de zoo apparaît. On n’y repère dans un coin, mais après un temps l’avoir cru vidé de ses occupants, un singe sur un pneu, ou, au ras d’une eau trouble, le nez massif, orné de deux petites...
Rentrer dans le vif
Poète, prosateur et essayiste, François Boddaert nous embarque là où l’auteur se montre le moins : dans l’intimité de la machine poétique. Vain tombeau du goût français ou la machine de guerre, des corps, de la langue et de l’Histoire.
François Boddaert est l’homme d’une discrétion qui ne l’empêche pas d’user de l’art de l’ironie comme d’un fleuret habile : zébrant d’un Z ce qui n’est à ses yeux que pures vanités, fausses vertus, petites infamies du coeur et de la raison, arrangements fallacieux de l’Histoire et de ses médiateurs de tous bords. Ne termine-t-il pas l’avertissement de son nouveau livre Vain tombeau du goût...
Un livre
Complication du sommeil
de
Jean-Patrice Courtois
La nuit malice et sa souris
Avec Complication du sommeil, son troisième livre de poésie, Jean-Patrice Courtois veille, d’une voix douce, à rafraîchir l’esprit de l’enfance.
Il faudrait dire de la poésie de Jean-Patrice Courtois ce que René Char disait, en 1950, de celle de Jacques Dupin : qu’elle a « l’importance que l’on aurait justement refusée aux confidences d’un simple mal d’enfance ». Il faut répéter cette phrase...
Ce qui manque
Dans Est-ce que j’peux placer un mot ? le poète Dominique Fourcade court après le mot de l’enfance perdu : le mot manquant de toute écriture.
Né en 1938 à Paris, Dominique Fourcade écrit depuis plus de trente-cinq ans. C’est un travail d’endurance que les écrivains connaissent bien, puisqu’ils ne sont jamais qu’en devenir. Ils s’arrêtent de l’être (au moins pour eux) au moment où l’écriture...




