La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Un livre
Un voyage en or
de
Juan Tallón
L’enfer du décor
Avec Un voyage en or, Juan Tallón offre à son héros une expérience paroxystique à travers un miroir inversé. Vertigineux et étourdissant.
Notre présence au monde ? Nos perceptions ? Nos métamorphoses ? Y a-t-il des expériences humaines capables de nous faire changer du tout au tout ? Il y a certes des amnésies, des pertes complètes de mémoire et même des dénis énormes, terribles, l’ivresse, la folie… Juan Tallón inverse ici le processus. Et si le monde changeait d’un coup autour de nous, sans nous ? Le natif d’Ourense écrit...
Me tenir droite de Denis Soula
La culpabilité, une prison dont on s’échappe rarement et ce sans aucune remise de peine. Les origines sociales, un peu pareil, on n’en réchappe que très difficilement. Quant à la prison, cela reste toujours une prison. L’héroïne de Me tenir droite a connu les trois après avoir tué un de ses fils, accidentellement. Elle conduisait bourrée, en rentrant de chez son amant. Fille de fermier,...
Les formes de l’eau
La Colombienne Laura Ortiz Gómez offre un premier recueil de nouvelles étranges, sensuelles et cruelles, surlignant les réalités de son pays.
Un tableau, Dali à six ans soulevant avec précaution la peau de l’eau pour observer un chien dormir à l’ombre de la mer, pourrait imager le travail d’écriture de Laura Ortiz Gómez. Dans une langue très poétique, à la sensualité animale, en jouant, détournant l’art du récit, sans utiliser d’images grandiloquentes, Coup de chaud convoque eau, fluides, naturalisme et réalisme magique. L’autrice...
Branleurs portugnolais
Par un premier roman initiatique, le Bolivien Gabriel Mamani Magne confie les joies et les difficultés d’une adolescence et d’une identité latino-américaine. Vif, drôle, contre-épique.
Il est des romans comme de la boxe qui laissent un peu sonné, hébété. On y prend des coups. Des coups bas. Au foie, dans l’estomac, dans les parties. Paradoxalement, ici, on s’en réjouit tant Gabriel Mamani Magne a su inventer une langue et une écriture toute froissée, à la fois sombre et très lumineuse, très personnelle, matinée des réalités de la latine Amérique, des langages...




