La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Lutte des classes
Pour son deuxième roman, Julia Kerninon délivre une histoire d’amour aussi improbable que subtile et fervente.
En unissant deux êtres que tout oppose, le dessein de Julia Kerninon apparaît comme géopolitique. Conclure par un amour fou, la fin d’une très vieille histoire. Celle de l’éclatement de l’Empire austro-hongrois, à l’origine d’un des conflits mondiaux les plus meurtriers. La carte du tendre qu’elle élabore camoufle celle d’un théâtre d’opérations. Les frontières de l’intime révélant des zones...
Petit Poucet rêveur
Intranquillement serein, lumineux, presque solaire, un livre d’heures offert par le Suisse Jean Prod’Hom.
Les êtres qui aiment la pluie, les paysages détrempés interpellent et fascinent. Dans le chaos des temps, marcheurs infatigables, ils perçoivent la beauté dans des détails infimes, des brindilles fragiles, de petits cailloux incongrus… Tessons (d’autre part, 2014), le premier ouvrage de Jean Prod’Hom apparaissait comme une maison des muses, mosaïque constituée de brimborions, éclats de...
Un livre
Rue Saint Ambroise N°36
Nouvelles avenues
Fondée en 1999, Rue Saint Ambroise défend inlassablement la nouvelle. La revue a publié plus de quatre cents auteurs, français comme étrangers. Dans ce numéro « Spécial Amériques », Bernardo Toro compare la place de la nouvelle en France et outre-Atlantique. Si « en se nouvellisant, le roman français a marginalisé la nouvelle », elle conserve dans le Nouveau Monde son aura, tout en...
Salon de curiosités
Vanitas vanitatum et omnia vanitas ! Une vanité, en peinture, est une nature morte évoquant le caractère éphémère de l’existence. Les ouvrages de Ménis Koumandaréas stigmatisent la fragilité de l’homme, de la beauté, leurs vulnérabilités face à la vieillesse et au destin. Leur parfum me fait pleurer, publié en 1996, est un recueil dont les textes se déroulent dans le salon de coiffure...




