La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Un livre
La Grande Vie (poèmes 1949-1952)
de
Bohumil Hrabal
Hrabal, l’acier en fusion
Viscérale, compressée, inventive, la poésie de l’écrivain tchèque interroge sur l’homme, la liberté, l’amour et le besoin de se noyer dans l’alcool.
Facétieux, Bohumil Hrabal (1914-1997) le fut jusqu’au dernier moment, lorsqu’il prit son envol par la fenêtre d’un asile de vieillards, rejoignant des pigeons, la fiente et des anges, la fulgurance. Poisseux, les barils de bière qu’il ingurgitait, les comptoirs des bistrots, le petit peuple de Prague et de Bohême dont il se fit le chantre. Poisseuse tout autant, son écriture que l’on peut...
Same world
Dans un roman aussi cocasse que grave, la Danoise Maren Uthaug repose la question des origines.
Au-delà du cercle polaire s’étend la Laponie. Ses habitants appelés Sames ou Samis peuplent le nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et la presqu’île russe de Kola. C’est le pays du très mondialiste Père Noël et celui fantasmé de nombreux aryens, nazis et autres thuriféraires de la race dite blanche. Le roman de Maren Uthaug, illustratrice et auteure de BD, née en 1972 de mère...
Un livre
La Moitié du fourbi N°4 (Lieux artificiels)
Lumière noire
Ouvrir des pistes et des espaces dans le fourbi du monde, tel est l’objectif de cette revue aux allures d’atelier, peut-être d’horlogerie, où l’on démonterait des mots, reformerait des textes, réglerait des engrenages d’images ou d’expressions.
Mais c’est quoi ce pays où il fait noir et où ce n’est pas la nuit, thème de ce cinquième numéro ? Le territoire du désespoir ou celui de...
Maître du temps
Par un récit initiatique, Sébastien Ortiz dépeint avec une grande pudeur, une extrême finesse la communauté religieuse qui l’ accueillit.
À 20 ans, déboussolé par une déception amoureuse, Sébastien Ortiz quitte Aix-en-Provence pour Taïwan. « Exilé, il me plaisait de rejoindre un peuple d’exilés et j’aimais l’insularité de ce territoire en forme de feuille de tabac, qui n’était pas tout à fait un État, et qui, comme moi, tentait de survivre dans l’inconfort où les circonstances l’avaient placé. » L’île oscille entre...



