La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Tableau vivant
Avec un roman elliptique et virtuose, l’Espagnol Pablo Martín Sánchez réinvente le jour troublé de sa naissance.
Comme beaucoup de ses compatriotes ayant eu 20 ans à la fin du siècle dernier, Pablo Martín Sánchez quitta l’adolescence, un brin effaré. « Moi et les gens de ma génération, les enfants de la Transition, nous avons grandi heureux dans les années 90, avec l’illusion que cela avait été un chemin de roses, sans violence. Depuis, nous avons découvert les fissures du conte… » Si Franco est mort...
Borges et Bouddha
Quand une femme aphasique rencontre un homme presque aveugle : Leçons de grec, un roman lumineux de la Coréenne Han Kang.
À 87 ans, Jorge Luis Borges demanda sa compagne en mariage, trois mois avant sa mort. María Kodama, de plus de trente ans sa cadette, était d’origine japonaise par son père. Borges la pria de graver sur sa tombe cette phrase énigmatique « Il saisit l’épée et il la pose nue entre eux ». Si elle fait référence à un poème épique scandinave, que signifie-t-elle ? A-t-elle un rapport à la cécité...
Un auteur
Damné de la terre
Avec Encore vivant, un premier roman rageur, violent, souvent burlesque, Pierre Souchon évoque sa bipolarité.
Jusqu’au début novembre, le Musée Fabre de Montpellier confronte des tableaux de Francis Bacon à l’œuvre protéiforme de Bruce Nauman. L’humain y est décliné sous forme de rictus, morceaux de barbaques, tics, tocs, distorsions, néons, chimères… Pas très loin de l’expo, sur une place, trône la statue d’un Jean Jaurès assez mal proportionné qui voit défiler une foule policée, futile, étonnamment...
Un livre
Manifeste du dégagisme
de
Collectif Manifestem
Manifeste du dégagisme de Collectif Manifestem
La Belgique aime les –ismes, l’énonciation, le détournement et la franche rigolade. Fondé en 2005 à Bruxelles, le collectif Manifestement réalisa, une fois par an, une manifestation sur un thème finalement pas aussi incongru que cela. « Y a trop d’artistes » fut suivie de « Pour le rattachement de la Belgique au Congo », « La mort commence à bien faire ! », « Tous unis contre la...




