La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Homme de rien ?
Le Rouergat Jaumes Privat s’effeuille en un strip-tease de mots graves, acerbes, fondamentaux.
Il est des êtres, très, très loin de Paris, du prêt-à-penser de la République jacobine, une et indivisible, vivant, parlant et créant dans une autre langue que le français. En immersion quasi totale dans leur environnement, ils entrent en écho avec lui. Prenons le Rouergue, qu’un géographe qualifia « de relief en creux ». Des causses, des plateaux cristallins, calcaires entaillés de profondes...
Haka fantôme
L’ultime roman de Janet Frame (1924-2004) interroge sur le rôle trompeur de l’écriture et de l’existence. Incongru, (in)sensible et métaphysique.
Qu’est-ce qui nous rend inadaptés à ce foutu monde ? Notre perception du réel ? Nos difficultés à l’exprimer ? Une trop grande sensibilité ? Inadaptée, Janet Frame le fut toute sa vie et c’est la littérature qui la sauva. Au premier sens du terme, puisque cette native de Dunedin, au sud de la Nouvelle-Zélande (ses églises presbytériennes, ses manchots aux yeux jaunes, une des rues les plus...
Un auteur
Bouche dorée
Issu d’un milieu où langues, chants et traditions populaires rayonnaient, Serge Pey n’a eu de cesse de valoriser l’oralité à travers sa poésie.
Certains naissent avec des facilités oratoires extraordinaires. Pas seulement les orateurs patentés, les êtres en chaire. Le peuple offre de magnifiques exemples : camelots, commerçants de rue, figures locales… Comme s’il était le gardien de formules, expressions, tournures permettant d’agrandir considérablement le réel, pour mieux l’habiter. Serge Pey vient du peuple et il est aussi poète....
Un auteur
Pey polisseur
D’action à zen, en passant par la marche ou par Toulouse, tentative de décryptage en abécédaire d’une œuvre en mouvement parmi les plus singulières de la poésie contemporaine.
Les polinaires, ce sont les polisseurs de métaux du Moyen Âge occitan. Polir la langue, c’est le travail de Serge Pey. Cohérent donc d’habiter cette rue de Toulouse dans le vieux quartier des Carmes où certaines maisons ont logé des alchimistes. Il vit là par intermittence avec son épouse Chiara Mulas. L’appartement est un merveilleux foutoir, un extraordinaire cabinet de curiosités. Pendent...




