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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Corrida des mers

    Lmda N°275 Réédition d’À la recherche du cachalot, roman documentaire du franco-italien Mario Ruspoli sur la chasse aux cétacés. Crépusculaire, poétique, cruel, magnifiquement illustré.

    A la recherche du cachalot

    Un docu-fiction ? Du réel romancé ? Un document (ré)interprété ? Un mélange de réel et de fiction. Du cinéma-vérité ? Celui de la reproduction « d’une réalité la plus vivante et saignante possible » ? Un matériel de plus en plus léger, les aspirations des sciences humaines, l’ethnologie et aussi l’antipsychiatrie ont permis en France, dans les années 1960, le développement de ce cinéma. Son...
  • Houaria

    Domaine étranger Oran, à hue, à dieu, à diable Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée. Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de...
  • Voir venir

    Domaine français Conte à rebours Après sa relecture décapante du Petit Chaperon Rouge dans De grandes dents (2024), Lucile Novat s’essaie à la fiction avec un conte très actuel sur un pensionnat de jeunes filles à Saint-Denis. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? L’une des répliques les plus entêtantes de conte hante le titre du premier roman de Lucile Novat. Il faudra du temps aux lecteurs pour apprécier toute la teneur et l’ironie de cette référence à La Barbe-Bleue, se retourner sur ce qu’ils ont lu, ou imaginer au contraire ce qui est encore devant eux. C’est que Voir venir est un roman à l’écriture vive mais à la détente narrative lente, un presque pur...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Acab

On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Julien Tribotté

Le Blues usé de Langston Hughes En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs. Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
  • La Disparition de Majorana

    Domaine étranger Sciascia mène l'enquête Avec La Disparition de Majorana, l’écrivain sicilien livre, en fin limier, une réflexion sur la science et la morale. 1938 : le jeune génie de la physique, Ettore Majorana, disparaît à Palerme. Faute de cadavre, la police fasciste conclut à un suicide. 1975 : Leonardo Sciascia revient sur l’affaire Majorana. L’enquête officielle ne le convainc pas et il va s’improviser inspecteur. Sa théorie ? Le physicien ne s’est pas suicidé mais a organisé sa disparition. La Disparition de Majorana, aujourd’hui réédité (Les Lettres nouvelles/Maurice Nadeau, 1977 ;...
  • Amérique primitive

    Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
  • Par monts et par vaux. Petit abécédaire des paysages

    Poches Dans les motifs Deux livres exemplaires de la démarche de Martin de la Soudière et de sa « géopoétique », pour assouvir notre besoin de paysages. Décédé le 2 février dernier, Martin de la Soudière (1944-2026) n’aura pas vu ces deux rééditions, dont celle de Par monts et par vaux, sous-titré « Petit abécédaire des paysages », qu’il avait travaillé à retoucher et augmenter. L’incipit de son introduction, « Topoï  : plaidoyer pour les motifs paysagers », résume en effet une démarche, quasiment un programme si le mot n’était réducteur, qui fut celui du géographe, ethnologue et...
  • Au nom du ciel

    Théâtre À hauteur d'oiseaux Le conflit israélo-palestinien au centre d’une tragicomédie où l’humour le dispute à l’émotion. Jérusalem, 2020. Dans la vieille ville, deux oiseaux vaquent à leurs occupations : un bulbul, espèce endémique paisible et casanière, et une drara, espèce invasive et volontiers agressive. L’un arrange son nid, l’autre cherche de la nourriture. Sur un écran est projeté le récit d’un drame qui a marqué la société israélienne et provoqué des manifestations de grande ampleur : alors qu’il se rendait au centre Elwin, une institution pour...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert

Le dernier métro

Résistante originaire du Pérou, Madeleine Truel (1904-1945) n’a laissé qu’un souvenir fervent et un livre remarquable. Raymond Queneau en a tenu compte. Madeleine Truel n’a pas laissé grand souvenir chez les lettrés sur siècle passé. Et pour tout dire, cela peut paraître logique. Son unique œuvre, L’Enfant dans le métro, fut publié par les éditions du Chêne en 1943, alors sous la direction d’un certain Maurice Girodias qui venait de lancer sa firme deux ans plus tôt. En pleine guerre, Madeleine Truel et sa jeune sœur, l’illustratrice Lucha Truel (1907-2000), donnait un album pour la jeunesse en projet depuis 1933 dont l’histoire des lettres porte la trace. Indirectement sans doute, mais quelle trace ! L’homophonie des titres vous aura...
Le Matricule des Anges n°151