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Domaine français La Couronne du serpent

novembre 2024 | Le Matricule des Anges n°258 | par Virginie Mailles Viard

Habemus angelum : la fumée peut s’envoler dans le ciel de Rome. Celui que je cherchais dans le monde entier depuis des années m’est apparu ce matin : il aura fallu traverser la Hongrie et la Russie avant de le trouver ici, enfin. Il s’appelle Björn ». Tout dans l’apparition de Björn Andrésen lors de ce casting organisé par Visconti paraît miraculeux : sa beauté irréelle qui l’emportera dans les eaux sombres de la célébrité, comme la trajectoire de ce jeune Suédois qui le mène à cette rencontre avec le cinéaste italien. Qui a vu Mort à Venise est transpercé à jamais par le regard de Björn, par l’œuvre mêlée de Thomas Mann et de Visconti, par l’art et l’amour qui tuent autant que le choléra qui se répand alors à Venise. Guillaume Perilhou, en imaginant des correspondances épistolaires entre les différents protagonistes, écrit un roman plein de passion là où les mots ont tragiquement manqué. Le suicide de la mère de Björn quand il n’avait que 10 ans, les échanges difficiles avec Visconti puisque Björn ne parlait pas italien, et très mal l’anglais.
Les lettres de Björn à sa mère, de Visconti à la Callas, à son amant l’acteur Helmut Berger, se croisent avec parfois cinquante années d’écart. Les vivants écrivent aux morts, leurs liens ne connaissent pas de limites. Visconti ne songe qu’à ses films et à sa vie dorée d’antan – « Nous dominions les autres et le lac de Côme » –, il ne songe qu’à ce jeune homme, un objet à protéger – « l’enfant de l’Aurige de Delphes et d’un tableau de Burne-Jones » – qui doit rester vierge de sexe et de soleil, puisque cela se verrait à l’écran. On assiste à la chute de Helmut, à la lente dérive de Björn – « Je m’accrochais à Visconti comme un chien à son maître » – pendant que Visconti plein de doutes face aux critiques – « peut-être ont-ils raison, peut-être que je m’obstine, que je ne sais faire finalement que ce que je connais ? » – lui se plonge dans ses souvenirs et redevient l’enfant qui courait dans les couloirs des palais.

Virginie Mailles Viard

La Couronne du serpent, de Guillaume Perilhou
L’Observatoire, 221 pages, 20

Le Matricule des Anges n°258 , novembre 2024.