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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Bon qu’à ça

    Lmda N°275 Enclin à penser que l’existence est un châtiment, l’ermite chinonais Jean-Pierre Georges distille des textes nourris à ses lectures, à sa solitude assumée. Avec drôlerie, avec tendresse. Faute de mieux.

    Cependant

    Les grincheux trouveront probablement que les livres de Jean-Pierre Georges sont un brin déprimants faisant montre ainsi de leur absence totale d’humour. Certes des assertions comme « L’ennui se soigne par le divertissement et le divertissement par le suicide » troublent le consommateur autant par son évidence que par sa brièveté mais cette implacable sentence peut aussi réjouir par sa...
  • Sick Bag Song

    Domaine étranger Trips et boyaux Avec The Sick Bag Song, embarquement immédiat dans la machine ardente de Nick Cave, « système nerveux qui carbure à la rime et aux fantômes ». Cela combine plusieurs histoires. « Nous avons traversé des centres-villes revitalisés, des centres-villes en voie de revitalisation, des centres-villes agonisants »  : en juin-juillet 2014, de Nashville Tennessee à Montréal Québec en passant par Denver Colorado, il y a Nick qui parcourt l’Amérique du Nord avec son groupe pour une tournée de vingt-deux dates, et qui tourmenté tente régulièrement de joindre sa compagne sur « ce putain de...
  • Rêve cette nuit. Carnets 2002-2024

    Domaine français Attentive à vivre Une réédition, des carnets inédits… l’occasion de toujours mieux connaître l’insaisissable Anne Serre. Ses lecteurs fidèles sont gâtés. Après son récent roman-choral Vertu et Rosalinde au Mercure de France, revoilà déjà Anne Serre, et avec deux livres d’un coup, aux éditions Verdier cette fois. L’un, Sous les arbres, une prairie a paru la première fois en 1995 sous le titre La Petite Épée du cœur, l’autre rassemble des carnets sur la période 2002-2024. Vraiment passionnants, ces carnets. Anne Serre, qui affectionne les auteurs anglo-saxons,...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Acab

On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio

Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
  • La Fenêtre de la bibliothèque

    Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
  • Verdures de la nuit et autres poèmes

    Poésie Assomption d'un pays dans une vie Figure majeure de la littérature suisse romande, Maurice Chappaz (1916-2009) a consacré sa vie à la quête fervente d’un rapport humble et juste au monde, la célébrant jusque dans ses désillusions. Il aimait les orages « en forme d’iris », les longues marches nocturnes, l’odeur de prunier dans l’air, les vallons sauvages, la neige, le vent, l’altitude. Alpiniste, vigneron, rôdeur de chemins de traverse et avant tout poète – « de nous tous, disait Jaccottet, le plus originellement, le plus spontanément poète » –, Maurice Chappaz fut le chantre de son Valais natal. Pour échapper à la destinée qu’on lui traçait – prendre la suite d’un...
  • Mademoiselle B.

    Poches Coups du sort À l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, Maurice Pons fait à nouveau tourner les presses. La réédition des Délicieuses frayeurs de Maurice Pons rappelle à propos que cet écrivain aussi discret de son vivant que cardinal fut un nouvelliste hors pair. L’Académie française elle-même s’en aperçut qui lui offrit son Grand Prix de la nouvelle en 1985. Chacune des neuf nouvelles du recueil de 2006 – c’était alors une composition inédite de nouvelles éparses – assure une flagrante administration de la preuve que personne ne s’est trompé...
  • Au nom du ciel

    Théâtre À hauteur d'oiseaux Le conflit israélo-palestinien au centre d’une tragicomédie où l’humour le dispute à l’émotion. Jérusalem, 2020. Dans la vieille ville, deux oiseaux vaquent à leurs occupations : un bulbul, espèce endémique paisible et casanière, et une drara, espèce invasive et volontiers agressive. L’un arrange son nid, l’autre cherche de la nourriture. Sur un écran est projeté le récit d’un drame qui a marqué la société israélienne et provoqué des manifestations de grande ampleur : alors qu’il se rendait au centre Elwin, une institution pour...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert

La couleur moderne de la poésie

Haut-fonctionnaire, poète et militant, André Spire fut à la fois de la Poésie, du Sionisme et de la Sociale. Il a vécu quasi centenaire : né en 1868, il a disparu en 1966, le temps de traverser deux siècles. Soit trois civilisations ou presque. Autant de guerres – si l’on oublie les guerres « à bas bruit » pré-libératoires dans les colonies, et il aurait connu une paire de révolutions s’il avait pu attendre Mai et le centenaire de sa naissance… Ce personnage, c’est André Spire, poète, essayiste et militant trop peu lu dans ses œuvres. La seule évocation de son essai Plaisir poétique et plaisir musculaire (José Corti, 1949 ; 1966) devrait lui valoir quelque curiosité, comme le fait de savoir...
Le Matricule des Anges n°220