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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Attentive à vivre

    Lmda N°272 Une réédition, des carnets inédits… l’occasion de toujours mieux connaître l’insaisissable Anne Serre.

    Rêve cette nuit. Carnets 2002-2024

    Ses lecteurs fidèles sont gâtés. Après son récent roman-choral Vertu et Rosalinde au Mercure de France, revoilà déjà Anne Serre, et avec deux livres d’un coup, aux éditions Verdier cette fois. L’un, Sous les arbres, une prairie a paru la première fois en 1995 sous le titre La Petite Épée du cœur, l’autre rassemble des carnets sur la période 2002-2024. Vraiment passionnants, ces carnets. Anne...
  • La Dernière Femme de J.D. Salinger

    Domaine étranger Encore un complot Avec J.D. Salinger comme prétexte, Enrico Deaglio nous balade avec brio entre docu et fiction. L’Américain Jerome David Salinger (1919-2010) est célèbre pour un best-seller de la contre-culture, L’Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye, 1951), 65 millions d’exemplaires vendus depuis sa parution. Dans ce roman d’apprentissage à la première personne, on suit un ado en crise, Holden Caulfield, 16 ans, fugueur de son lycée et qui erre trois jours dans New York. Il deviendra le premier antihéros de la culture pop, une icône. Le succès du...
  • Brocken

    Domaine français Miroir, dis-moi tout Jean Villemin nous entraîne dans une histoire de doubles mi-spleenétique, mi-loufoque. Un beau rêve éveillé. C’était le cas déjà dans Le Pays des herbes debout (Lmda N°259), le personnage principal de Brocken se prénomme « Jean » comme l’auteur. Celui du Pays se rendait dans une contrée envahie par les roseaux, et le dossier de presse notait que Villemin a vécu près d’une rivière où ils abondent. Ici, l’éditeur nous apprend que l’écrivain, également sculpteur, « collectionne les vieux miroirs piqués qui ne renvoient que la moitié de soi ». Un tour...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Passer ton basque

De nombreux collègues s’arrêtent au Matricule sur le chemin des vacances : les étals sont vides. Ou sinon le dernier Fabrice Caro. Et sous le manteau de la libraire, où sont d’habitude nichés les inédits de septembre, idem. Carrère, Mauvignier, les poids lourds, absents. – Mais si tu veux, j’ai ça. Marcher dans tes pas. L’usage de l’infinitif (le verbe quand il fait dodo, disent les écoliers du primaire), la deuxième personne du singulier (l’ami imaginaire) : grimace. – Nadège – mais si, l’institutrice – l’a lu et trouvé bouleversant. Le livre est signé Léonor de Récondo, et la colonne...
Le Matricule des Anges n°266
Maurice Pons

un auteur

Maurice Pons

Chronique
Traduction

David Fauquemberg

L’Arbre de l’homme, de Patrick White Quand le prix Nobel australien Patrick White (1912-1990) entreprend d’écrire son chef-d’œuvre, en 1950, il rentre d’Angleterre après des études à Cambridge, un début de carrière littéraire ; il a fait la guerre au Moyen-Orient. C’est décidé : il vivra à Dogwoods, sa ferme aux abords de Sydney, travaillera la terre avec son compagnon Manoly Lascaris. Que signifie, au fond, s’installer – dans un lieu, une vie, un amour ? L’Arbre de l’homme ne parle que de ça. À chaque mot de ce texte vibrant, d’une force d’évocation et d’émotion époustouflante, White guette « l’extraordinaire derrière...
Le Matricule des Anges n°268
  • Je suis une idiote de t’aimer

    Domaine étranger Histoires d'une oppression En neuf nouvelles, les femmes auxquelles Camila Sosa Villada donne vie manient la dérision, l’humour et la vengeance comme personne. Dès la première page, la nouvelle doit déjà vous avoir brisé le cœur », résume Camila Sosa Villada dans un entretien. C’est bien le cas des neuf nouvelles qui composent Je suis une idiote de t’aimer, lesquelles, chacune à sa manière, nous embarquent dans leur univers singulier sans nous lâcher. Le recueil brasse les thématiques fondamentales du travail de la romancière argentine (Les Vilaines, 2021 ; Histoire d’une domestication, 2024), à...
  • Et amarres invisibles

    Poésie Papiers coupés, papiers collés Avec Et amarres invisibles, Bruno Grégoire cherche en des poèmes quasi ordinaires les mots de passe qu’ils articuleraient enfin pour passer à travers la cloison de papier de l’existence. Auteur d’une douzaine de livres et du marquant Poésies aujourd’hui (avec Jean-Marie Gleize et Bernard Vargaftig, Seghers), le discret poète Bruno Grégoire publie avec Et amarres invisibles le quatrième pan de sa série « trait d’union », que Loin de Cluj inaugurait en 2004. Deux livres presque opposés, Dans la bouche morte (1993) et L’Usure l’étoile (1998) le précédèrent comme deux errants, deux solitudes, tant par leur rage froide à heurter,...
  • Leonor Fini

    Histoire littéraire L'érotisme lancinant de Leonor Fini En dressant le portrait littéraire de l’artiste (1907-1996) dont l’œuvre unit la vérité de l’ascèse à l’authenticité de la jouissance, Laurence Benaïm dessine aussi une histoire artistique du XXe siècle. À l’heure où les collectionneurs d’art privilégient l’art figuratif à tendance surréaliste, et au moment où les artistes femmes font l’objet de toutes les attentions, la vie et l’œuvre de Leonor Fini sont en train d’être redécouvertes dans toute leur originalité et leur puissance. Scandaleuse touche-à-tout, femme libre et totalement indépendante, Leonor Fini fut une artiste insaisissable qui, en brouillant les frontières entre l’art et la...
  • Sauvages

    Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert

La coqueluche des persifleurs

Convaincue de son immense talent, la poète et romancière irlandaise Amanda Ros n’en resta pas moins la meilleure. Mais pour certains aussi la pire. C’est Aldous Huxley qui a fait pétiller le cas d’Amanda Ros en 1923 lorsqu’il reprit son article « Euphues redivivus » dans son recueil On the margin (En marge, Éditions universelles, 1945). Révélant astucieusement la teneur de son propos, le romancier et essayiste, amateur des scénarios catastrophe, jetait le feu et l’eau, noyant le poisson, faisant mine de plier la rotule devant le génie si exceptionnel – et personnel – de l’incomparable Mrs Ros : « J’ai eu récemment la chance de me procurer un exemplaire de ce roman fort rare et précieux, Delina Delaney, par Amanda M. Ros, auteur...
Le Matricule des Anges n°259