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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Des ailes immenses étendues sur le monde Très soutenu dans la course au prix Nobel de littérature, l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu voit la traduction de sa trilogie Orbitor remise en ordre. Une somme capitale au poids de papillon. L’un des moments majeurs de la carrière littéraire de Mircea Cărtărescu (Lmda n°257) reste sa trilogie Orbitor inspirée par Thomas Pynchon sous le signe du « laxisme désordonné, exaspérant » (Journal). Le récit kaléidoscopique en trois gros volumes publiés en Roumanie entre 1996 et 2007 a d’ailleurs été comparé au Gravity’s Rainbow de l’Américain (L’Arc-en-ciel de la gravité, Le Seuil, 1987). C’est lors de sa publication française, à partir...
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Domaine français Saga corse Dans son nouveau roman à l’ambition affichée jusque dans son titre, Marc Biancarelli exhume les racines du nationalisme corse et la figure historique de Sampieru de Bastelica. Entre fureur et violences. Nous sommes au mitan du XVIe siècle dans un petit village à flanc de montagne de la Corse, l’Arcinivala. Celui qui raconte est archidiacre en son village de Vescovato, non loin de là. Anton Pietro Filippini se dit aussi écrivain et poète et possède outre une propension à la couardise, un goût certain pour la langue vernaculaire corse. L’homme n’est pas le témoin direct de tous les événements qu’il rapporte (si ce n’est l’arrivée sanglante de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Acab
On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Julien Tribotté
Le Blues usé de Langston Hughes
En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs.
Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
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Domaine étranger Un éden détraqué Descendant direct de Lovecraft, l’Américain Thomas Ligotti distille des horreurs gothiques depuis quarante ans, préservant son mystère et ses créatures désemparées dans un monde en déréliction. Enfant de Détroit, la ville fantôme de l’industrie automobile américaine qui incarne le mieux ce qu’est un naufrage économique, Thomas Ligotti, né en 1953, a emporté dans sa valise, ou dans sa tête, en la quittant, une terrible hantise de la décrépitude, de la disparition et de la pourriture. Son cinquième recueil anthologique, où treize nouvelles d’époques variées de sa carrière en portent non pas des traces mais… les stigmates. Des marques...
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Poésie Comment être au monde Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence. Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie...
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Histoire littéraire Breton-Gracq, ensemble et séparément Commencée en 1939, leur correspondance est la première à nous révéler le Gracq épistolier. Là où Breton rêve de liens « qui auraient seulement existé dans la chevalerie errante », Gracq, écrivain secret s’il en est, n’aspire qu’à être un ami fiable et une sorte de conseiller désintéressé. Quand, en mai 1939, Gracq, jeune écrivain quasi inconnu, fait parvenir son premier livre à Breton, c’est d’abord l’auteur de Nadja et de Poisson soluble qu’il veut atteindre, le « Grand Singulier » plutôt que le chef du groupe surréaliste. Ce qu’il aime dans le surréalisme – qu’il a découvert alors qu’il venait d’être reçu à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1930-1934) –, c’est sa force native, l’« espèce de jet brutal de la...
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Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Intemporels
par Didier Garcia
Vers l’or des plaines
Avec Lonesome Dove, l’Américain Larry McMurtry (1936-2021) nous embarque dans un western qui sent la sueur, la chaleur et la poussière.
L’incipit du roman plante d’emblée le décor : « Lorsque Augustus sortit sous le porche, les cochons bleus étaient en train de manger un serpent à sonnette » (et peu importe en l’occurrence qu’il s’agisse d’un spécimen « de taille modeste »). Nous voici donc projetés dans le Texas des années 1880, et plus exactement à Lonesome Dove, non loin du Rio Grande, qui sert de frontière naturelle entre les États-Unis et le Mexique. Dans ce patelin paumé, deux anciens rangers, Gus et Call, rangés des voitures depuis pas mal de temps, coulent des jours tranquilles dans leur ranch de la Hat Creek...
Le Matricule des Anges n°264







