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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Bon qu’à ça

    Lmda N°275 Enclin à penser que l’existence est un châtiment, l’ermite chinonais Jean-Pierre Georges distille des textes nourris à ses lectures, à sa solitude assumée. Avec drôlerie, avec tendresse. Faute de mieux.

    Cependant

    Les grincheux trouveront probablement que les livres de Jean-Pierre Georges sont un brin déprimants faisant montre ainsi de leur absence totale d’humour. Certes des assertions comme « L’ennui se soigne par le divertissement et le divertissement par le suicide » troublent le consommateur autant par son évidence que par sa brièveté mais cette implacable sentence peut aussi réjouir par sa...
  • Des animaux difficiles

    Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
  • SecondeMain

    Domaine français Vds avatar, BE, peu servi Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre. Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Acab

On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Hadrien Chalard

À pleins poumons de Pedro Gunnlaugur Garcia Pedro Gunnlaugur Garcia. Nul besoin d’être islandophone pour remarquer la singularité de ce nom, résultat d’une union entre deux cultures que rien, sinon un amour commun pour la morue salée, ne destinait à se télescoper. Le fruit d’un hasard malicieux qui n’aura pas manqué de déteindre sur le principal intéressé, dont la truculence méditerranéenne se marie à merveille avec le proverbial sarcasme nordique. Qu’elle soit consciente ou instinctive, la plume de Pedro semble comme dépendante de cette étonnante fusion. En me replongeant dans ma traduction d’À pleins poumons pour les besoins de...
Le Matricule des Anges n°274
  • Les Pêcheurs

    Domaine étranger Que meure le poisson ! La première traduction française des Pêcheurs de Raul Brandão, classique de la littérature portugaise, entre lyrisme symboliste et précision naturaliste. Les Pêcheurs commence « à la portugaise ». Le mot saudade figure, non traduit, à la première page du livre et Raul Brandão (1867-1930), en bon écolier du symbolisme, abuse d’abord des marines pittoresques et des motifs de la brume, des ténèbres, de l’irréalité. Ainsi, de la ria d’Aveiro : « Ici, la matière n’existe pas. » Et pourtant. Les notes et les souvenirs qui font celle des Pêcheurs (paru en 1923, six ans après son chef-d’œuvre Humus)...
  • Amérique primitive

    Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
  • Olympia Press. Une avant-garde pornographique

    Histoire littéraire Le ruban au cul d'Olympia Thibault Saillant retrace la singulière épopée de la maison d’édition de langue anglaise créée par Maurice Girodias en 1953. L’histoire de l’édition – pornographique ou non – est un ressort puissant de la libido du bibliomane. Parmi les mille et trois objets de sa concupiscence, certains petits livres verts ont une aura particulière, quasi mythique, que l’effeuillage précis et documenté de Thibault Saillant ne ternit pas, bien au contraire. Mythique, en effet, Olympia Press le reste à double titre. D’abord pour sa rareté : bien qu’édités à Paris, ses livres...
  • Le Long Chemin du retour

    Théâtre Blessures fantômes Daniel Keene sonde les traumatismes, dont les plus invisibles, de tous ceux qui ont dû partir combattre dans un conflit armé. Alors que les discours va-t-en-guerre se font de plus en plus nombreux, Le Long Chemin du retour de Daniel Keene est un contrepoint bienvenu et salutaire. Ce titre, en référence aux vingt ans nécessaires à Ulysse pour revenir de la guerre de Troie, évoque la difficulté pour tous ceux qui ont combattu au front de retourner à une vie civile « normale ». Le texte a été écrit à partir d’échanges, plusieurs semaines durant, avec des soldats des...