RUBRIQUE Événement & Grand Fonds
Les articles
Humain, trop inhumain
Acteur et témoin du monstrueux XXe siècle, Curzio Malaparte s’en est fait l’historien visionnaire, le chroniqueur impitoyable, dévoré par la pitié.
L’apocalypse, on l’oublie parfois, signifie d’abord, en grec, une révélation. Celle-ci, dans le texte attribué à Saint Jean, n’est qu’à l’ultime fin salvatrice : elle est, avant tout, désastres et catastrophes, chaos, triomphe de la mort. C’est bien à nous délivrer une telle révélation de ce que l’homme, au XXe siècle, a commis et subi de pire que s’est acharné, pendant toute son existence, Curzio Malaparte. Nous pourrions alors mettre en épigraphe ou en titre de ce fort volume (celui d’Exils semble quelque peu énigmatique) cet aphorisme célèbre de René Char : « La lucidité est la...
Entre blues et rock’n’roll, les riffs de Kerouac
Auteur mythique au chant impulsif, discordant, envoûté, le pape de la Beat generation aurait eu cent ans cette année. L’occasion de le redécouvrir à travers plusieurs rééditions et un roman inédit.
Il voulait être le plus grand écrivain du monde après Shakespeare et Joyce, brûla la vie par les deux bouts, se maria trois fois mais n’aima jamais que sa mère. Il fut marin, serre-frein, cueilleur de fruits, garde-forestier… Dans l’Amérique bien-pensante des années 50-60, il prôna le rejet des valeurs qui font le self-made-man, la liberté sexuelle et le dérèglement de tous les sens. On le...
Le roman réinventé des années vingt
Au cœur des Années folles, des poètes partent à l’aventure du roman. Expérimentant les formes romanesques selon des formules insolites, ils participèrent au renouvellement mondial du genre. Émilien Sermier, dans un essai aussi riche qu’informé, les réhabilite.
Parmi les angles morts que présente l’histoire littéraire, il en est un que l’euphorie des Années folles – celles de la vitesse, de la volupté, du progrès technique, des avant-gardes – mais aussi le prestige historique dont jouit le surréalisme et l’anathème jeté par Breton contre le roman, a longtemps maintenu dans l’ombre. Au cœur de ce XXe siècle qui commençait véritablement, Émilien...
L’ennemi solitaire
Entre 1942 et 1948, jean Genet, régulièrement emprisonné, s’invente, dans ses romans et poèmes, un univers : mythologique, fantasmatique et pornographique.
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou/ Que ma main plus légère et grave qu’une veuve/ Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,/ Laisse tes dents poser leur sourire de loup. » Ces vers, chantés par Hélène Martin, Marc Ogeret ou, plus récemment, Étienne Daho ou Les Têtes raides furent, pour certains, la porte d’entrée dans l’univers, si autre, de Jean Genet. Un condamné à...
Des livres
Au loin le ciel du Sud
de
Joseph Andras
Ainsi nous leur faisons la guerre
de
Joseph Andras
À tous les invisibles
Arrachés au silence et à l’oubli, deux récits de Joseph Andras à la mémoire des révoltés, et de tous les sacrifiés à l’autel de l’« ordre des choses ».
Deux petits livres paraissent ces jours-ci chez Actes Sud, signés du même auteur. Une sortie simultanée – la pratique n’est pas courante – pour deux textes courts à la radicalité incisive et impeccablement documentés, à lire conjointement pour que s’en déploie toute la cohérence – politique – et le vertige – poétique. Dans l’un, Au loin le ciel du Sud, retour dans le Paris des années 1920,...




